Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La libéralisation des marchés fait peser un risque sur la sécurité alimentaire

04 décembre 2006

L’Union Européenne a mis une nouvelle fois en garde le Brésil sur la non-conformité de certains de ses produits alimentaires destinés à l’exportation aux règles d’hygiène et de protection des consommateurs. Cette position, qui réaffirme la détermination de l’Union Européenne à prendre des mesures de sauvegarde si les problèmes constatés de sont pas résolus, révèle surtout les dangers d’une libéralisation non régulée des échanges agricoles internationaux pour l’avenir de l’humanité en termes de sécurité et de souveraineté alimentaire.

Suite à la non-conformité de plusieurs produits alimentaires en provenance du Brésil aux règles européennes d’hygiène et de protection des consommateurs, Markos Kyprianou, Commissaire européen à la Santé et à la protection des consommateurs, a mis en garde le Brésil sur l’établissement d’une éventuelle mesure de sauvegarde à son encontre. Cette mise en garde n’est pourtant pas la première pour le Brésil, qui en subi quatre par l’Union Européenne durant les deux dernières années :

> L’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de l’UE avait relevé des lacunes dans les contrôles sur les denrées alimentaires exportées, et plus précisément des insuffisances dans le contrôle des résidus vétérinaires. L’UE avait alors interdit les importations de miel et de viande de gibier.

> De même, l’UE avait mis en évidence une hygiène insuffisante dans la production halieutique, ainsi qu’une traçabilité contestable des animaux, qui se sont soldées par l’établissement de mesures de contrôle sévères.

> Enfin, du fait de l’apparition de foyers de fièvre aphteuse dans certaines régions brésiliennes, l’UE avait gelé ses importations de viandes de bœuf.

Ces mises en garde à répétition de l’UE à l’encontre des « grandes fermes du monde » de demain comme le Brésil, au-delà de souligner l’intérêt de l’Europe pour la sécurité alimentaire, amènent à deux conclusions :

> Tout d’abord, elles révèlent que la libéralisation non régulée des échanges agricoles internationaux affectera la sécurité alimentaire et d’approvisionnement des pays développés.

> Ensuite, elles démontrent que la restriction de la problématique agricole à des considérations commerciales, sans prendre en compte des enjeux aussi stratégiques que la sécurité alimentaire, la souveraineté ou la faim dans le monde, fait peser un risque majeur pour l’avenir de l’humanité.

C’est pour cela qu’il est urgent d’initier, comme le propose le MOMA, la mise en œuvre d’une gouvernance agricole mondiale, fondée sur de nouveaux outils de décision et de gestion des marchés. C’est ainsi que l’on parviendra à promouvoir un libéralisme régulé des échanges agricoles qui permettra à l’ensemble des agricultures du monde de se développer dans le respect des normes sociales, environnementales, et de sécurité alimentaire.

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Paris, le jeudi 24 juillet 2014