Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La désertification, un des principaux
obstacles au développement agricole

10 septembre 2007


La désertification des terres continue de s’accélérer. Réunis à Madrid du 3 au 14 septembre pour la huitième conférence internationale sur le sujet, les 191 pays signataires de la convention des Nations Unies sur la désertification doivent trouver de nouvelles voies d’actions pour ralentir ce phénomène et venir en aide aux 250 millions de personnes qui en subissent aujourd’hui les conséquences désastreuses. Car demain, c’est un tiers de la population mondiale qui sera affectée si rien n’est entrepris aujourd’hui.

Les chiffres sont sans appel. L’évaluation de la surface concernée par la désertification varie entre 20 et 40 % des terres émergées du globe. Selon les Nations Unies, deux tiers des terres cultivables d’Afrique, un tiers de celles d’Asie, et un cinquième de celles d’Amérique du Sud, pourraient disparaître d’ici 2025. Bien que parmi les plus touchés, les pays en développement ne sont pas les seuls à faire face à de tels risques : aux Etats-Unis, un tiers du territoire est d’ores-et-déjà affecté et en Europe, c’est vers l’Espagne que se portent les plus vives inquiétudes, avec un tiers du pays en voie de désertification ; en Australie, plusieurs régions du centre du pays sont également menacées.

Il ne s’agit pourtant pas d’un phénomène inéluctable. L’origine n’est pas seulement naturelle, loin s’en faut, et les causes anthropiques de l’aridification et de la dégradation des terres sont maintenant bien connues : la mauvaise exploitation des sols (surpâturage, déforestation, irrigation excessive sans drainage adéquat,…) est en premier lieu pointée du doigt.

Si l’agriculture est souvent désignée comme coupable, elle est aussi victime. En provoquant la réduction des surfaces cultivables par la perte de leur fertilité, la désertification constitue en effet un des principaux obstacles au développement de l'agriculture. L’élévation du niveau de vie est donc bloquée, et les populations rurales concernées n’ont alors d’autre choix que d’abandonner leurs terres et de venir grossir les flux migratoires. L’appauvrissement des terres est en effet reconnu comme l’une des causes des migrations de masse, notamment depuis l’Afrique subsaharienne.

Mis à part quelques contre-exemples locaux, le changement climatique aggrave globalement les conséquences de la désertification. En modifiant la répartition géographique, l’intensité et la fréquence des précipitations, il participe à la remise en cause de la viabilité et de la productivité de nombreux agro-écosystèmes de la planète.

Au-delà de la simple déclaration d’intention que constituait la convention sur la désertification lancée au sommet de Rio en 1992, les Etats membres des Nations Unies présents à Madrid devraient se mettre d’accord sur un nouveau plan d’actions sur 10 ans pour véritablement combattre ce phénomène, proposer des stratégies d’adaptation et réduire ainsi les menaces pesant sur l’agriculture, et sur la sécurité alimentaire mondiale.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012