Une nouvelle étude, publiée jeudi 20 mai, a révélé que 3,3 millions de Nigérians, soit 22,2% de la population totale, sont confrontés à des situations de pénurie alimentaire sérieuses. Ce à quoi s’ajoutent les 3,8 millions de personnes, ou 25,5% de la population du Niger, qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire modérée.
Cette nouvelle évaluation de la situation au Niger montre que la crise est « encore plus grave [que ce que l’on pensait] et nécessite une réponse accrue et urgente », comme l’a souligné l’un des contributeurs de la mission d’évaluation cité par Reuters.
Or la communauté internationale, via les Nations unies qui centralisent la réponse d’urgence apportée par 6 organismes des Nations unies et 9 ONG, n’ont à ce jour reçu qu’un tiers des 190 millions de dollars demandés en décembre dernier suite à la première évaluation de la crise.
Le Niger fait partie des pays les plus affectés par l’insécurité alimentaire. Néanmoins, cette nouvelle crise témoigne une fois de plus de la fragilité de la situation alimentaire mondiale : non seulement il n’y a pas eu d’amélioration après la crise très sévère de 2005, puis la crise alimentaire mondiale en 2008, mais la communauté internationale peine toujours à mobiliser les capacités de financement nécessaires pour apporter une aide d’urgence adaptée. Quand donc la communauté internationale se décidera-t-elle à mettre en place une réelle politique de régulation agricole et alimentaire mondiale, qui stabilise les marchés et permette le développement de toutes les agricultures du monde ? Seule une politique en amont permettra en effet de limiter la résurgence de crises alimentaires dans le monde, et par voie de conséquence les aides d’urgences… |