Quelles que soient les tendances politiques, la conclusion du cycle de Doha a bonne presse, et les engagements pour le conclure se multiplient : A Davos, d’abord, où, fidèle à la tradition acquise au fil des ans, la 39e édition du Forum économique mondial a été une nouvelle fois le 31 janvier dernier le théâtre d’une rencontre « mini-ministérielle » de l’Organisation mondiale du Commerce. Réunissant Pascal Lamy et les ministres d’une vingtaine de pays, cette rencontre a renouvelé l’engagement du précédent G20 de lever cette année les obstacles subsistant au bouclage des négociations de Doha. De son côté, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a participé au forum « altermondialiste » de Belem au Brésil, dont les dates coïncidaient cette année avec celui de Davos, a déclaré faire pression sur son homologue américain Barack Obama, pour qu’il s’engage à faire de la conclusion du cycle de Doha une priorité de son mandat. Entre l’élite des décideurs politiques et économiques mondiaux réunis à Davos et les pourfendeurs du système capitaliste rassemblés à Belem se dessine un étrange consensus autour de la conclusion du cycle de Doha. A tel point que ce dernier apparait de plus en plus comme un gage de bonne volonté de la part des Etats pour faire face à la crise. Et pourtant, comme momagri l’a récemment souligné dans un article1, gardons nous de considérer le cycle de Doha comme la panacée à la crise… 1 Momagri, « Sans conclusions en vue pour Doha, l’OMC s’interroge sur la marche à suivre », 26/01/2009 |