Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La conclusion du cycle de Doha n’est pas une solution à la crise

01 décembre 2008



A tous les niveaux, les pressions politiques se multiplient pour relancer les négociations du cycle de Doha.
Déjà, le 15 novembre, le sommet du G20 a appelé dans le cadre de ses préconisations de sortie de crise à un accord avant la fin de l’année sur les grandes lignes (« modalités ») du cycle de Doha.
Quelques jours plus tard, le 22 novembre, les 21 membres du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC)1 , réunis à Lima, se sont engagés à « atteindre un accord sur les modalités du cycle de Doha le mois [de décembre] prochain », et ont demandé à leurs ministres de se réunir à Genève pour atteindre cet objectif.
De leur coté, les ministres du Commerce des pays les moins avancés qui ont participé le 20 novembre 2008 à la conférence ministérielle tenue à Siem Reap (Cambodge)2 , ont déclaré qu'“une conclusion rapide” du Cycle de Doha ouvrirait “de nouvelles possibilités d'accès aux marchés” pour les pays les moins avancés ; ils ont à ce titre souligné “l'importance de parvenir à un accord sur les modalités concernant l'accès aux marchés pour les produits agricoles et non agricoles d'ici à la fin de l'année”.
Enfin, le président américain sortant George W. Bush a, à plusieurs reprises, souligné son engagement à tout mettre en œuvre pour refuser le protectionnisme au XXIème siècle, tandis qu’à Bruxelles la Commission européenne indiquait sa volonté de faire preuve de flexibilité en vue d’une prochaine réunion ministérielle de l’OMC.

Si, en ces temps de crise économique majeure, le refus unanime affiché par les Etats d’un retour du protectionnisme est à saluer, ces derniers ne doivent pas succomber aux chants des sirènes de P. Lamy selon lequel la conclusion du cycle de Doha soignerait le monde d’une grande partie des maux qui sont les siens. Relancer la coopération internationale est une chose, s’engager dans un processus irréversible aux conséquences incertaines en est une autre. Et il ne faudrait pas qu’à cause de décisions prises à la va-vite pour faire face à la crise, les solutions amènent une deuxième crise alimentaire qui se superpose sur la crise économique actuelle.

1 L’APEC, qui cherche à promouvoir le libre-échange, concentre 41% de la population mondiale et représente 61% du PIB et 47% de commerce de la planète.
2 « l'Aide pour le commerce: un programme industriel pour les pays les moins avancés »

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012