Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La chute des prix est-elle la seule variable à affecter le revenu des agriculteurs ?

10 novembre 2008



Dans le sillage des autres matières premières, les prix des produits agricoles ont accusé depuis quelques mois une forte baisse. Le cours du blé a ainsi fondu de plus de moitié depuis son plus haut point annuel, tandis que le prix du maïs a été divisé par deux, passant à son niveau le plus bas depuis début 2006. En revanche, le coût des intrants, qui avait également subi une forte hausse, n’a pas connu de baisse significative. En toute logique, les agriculteurs ont donc été confrontés à une compression de leurs revenus, et ils se sont mobilisés dans un certain nombre de pays, pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur leurs difficultés. Pourtant, les médias considèrent toujours que ce retournement des prix n’affectera pas la santé financière des agriculteurs du fait de la forte hausse des cours constatée en 2007/2008.

En soulignant que les agriculteurs craignent de « payer deux fois la note », le président de la FNSEA J.M. Lemétayer critique la vision simpliste qui domine dans le secteur agricole, selon laquelle lorsque les le prix des matières premières augmente, le revenu des agriculteurs est supposé s’accroître d’autant, et à l’inverse, la diminution des prix induit une réduction du revenu des agriculteurs. Car cette approche, outre le fait qu’elle est fausse (car elle ne prend pas en compte les charges) néglige un acteur essentiel dans la chaîne de valeur de l’alimentation qui relie les agriculteurs au consommateur final : les intermédiaires et les marges avant et arrière. Il est donc essentiel que les médias et décideurs internationaux réalisent que l’indicateur prix est insuffisant pour comprendre la formation des revenus des agriculteurs, et qu’il ne faut pas confondre revenu et chiffre d’affaire.

Haut de page
Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012