Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La chute des cours de céréales,
symptôme de la volatilité des prix agricoles

12 Décembre 2011



Après avoir connu une hausse pendant 18 mois, le cours des céréales est à nouveau orienté à la baisse. Pour le blé, le prix pour la cotation de référence « rendu Rouen » s’établissait ainsi à 175€ la tonne à la fin du mois de novembre, contre 270€ début février.

Cette chute des cours du blé conduit à une situation d’ « effet de ciseau », dans laquelle les prix touchés par les producteurs passent en dessous de leurs coûts de production, faisant peser des risques sur leurs revenus et sur leur capacité à investir.

Ainsi, la volatilité des prix, qui est l’un des enjeux majeurs des débats actuels sur la sécurité alimentaire, ne se traduit pas uniquement par des pics de prix, mais elle prend aussi la forme de fortes baisses, qui peuvent durer plusieurs mois.

Notons au passage que le bilan mondial des céréales n’a pas sensiblement varié d’une année à l’autre : un déficit de 7 millions de tonnes sur le blé étant compensé par un excédent de 7 millions de tonnes sur le maïs. Cela confirme que l’instabilité, intrinsèque aux marchés agricoles non régulés, est amplifiée par la spéculation.

Les agriculteurs français sont loin d’être les seuls à subir les effets néfastes de cette volatilité des cours, qui relève d’une multiplicité de facteurs allant bien au-delà de la simple confrontation des fondamentaux. Du fait des spécificités du secteur agricole, exposé à d’importants risques endogènes et exogènes, une variation même faible de l’offre entraîne des variations très importantes de prix.

Il est dès lors absolument primordial de mettre en place, au niveau européen et plus largement mondial, des mesures de régulation visant à stabiliser les prix à des niveaux suffisamment rémunérateurs pour les agriculteurs. Les travaux entrepris cette année dans le cadre du G20 agricole ont ouvert la voie à des changements qu’il s’agit désormais de concrétiser et de poursuivre. C’est là, en effet, la condition essentielle à l’augmentation durable de la production et à l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012