Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La Russie va limiter ses exportations de céréales

12 Janvier 2015


Face à l’effondrement du Rouble et ses conséquences sur la hausse des prix du blé sur le marché intérieur russe, malgré une récolte historique très abondante à 105 millions de tonnes, le gouvernement vient de prendre de nouvelles dispositions en introduisant à compter du 1er février prochain des barrières douanières pour réduire les exportations de céréales. La Russie va ainsi imposer une taxe qui s'élèvera à 15% du prix plus 7,5 euros par tonne, mais ne pourra être inférieure à 35 euros. Le gouvernement de Dimitri Medvedev espère ainsi booster l’offre sur le marché intérieur et faire baisser les prix, qui connaissent une inflation record dopée par l’embargo décrété par Moscou.

La réaction sur le marché mondial ne s’est pas fait attendre : Les cours du blé avaient bondi de plus de 4 % la semaine dernière sur le marché des matières premières de Chicago mi-décembre. Ces restrictions devraient créer un manque de 7 millions de tonnes de céréales sur le marché international à terme.

La mise en place prochaine de ces barrières douanières est ainsi perçue à l’étranger comme le risque d’un futur embargo, à l’image de celui décrété en 2010, et ce malgré le démenti du gouvernement. Mais cette décision inquiète surtout les agriculteurs russes qui craignent une baisse de leurs revenus. Le danger d’un repli protectionniste est ainsi aujourd’hui réel et n’arrangera en rien non seulement le sort de son agriculture mais la stabilité des marchés internationaux.

La Russie, tout comme d’autres, doit cesser d’enchaîner des politiques de stop and go, alors que la complexité et la volatilité intrinsèques des marchés agricoles commandent une plus grande flexibilité des mesures tant au niveau politique que budgétaire, encadrée par une gouvernance agricole et alimentaire mondiale.


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Paris, le samedi 18 novembre 2017