Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La FAO soutient l’agriculture urbaine des PED

5 février 2007

La FAO a mis en place un programme intitulé « Ravitaillement des villes » dans plusieurs villes africaines dans l’objectif de soutenir l’agriculture urbaine et périurbaine, et de les aider à lutter plus efficacement contre la faim et la malnutrition.

Le Sénégal, le Gabon, le Mozambique, le Botswana, l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Egypte, le Mali et la République démocratique du Congo participent à ce programme. Dans ce pays, la FAO assiste 3 villes dans la transformation de 800 hectares de terres urbaines en jardins potagers dans le but de produire des légumes frais et de fournir des revenus supplémentaires à 16000 familles, soit plus de 80 000 personnes.

Le programme initié par la FAO est essentiel, et le MOMA partage totalement ses objectifs : réintroduire un lien entre les villes et les zones rurales, enrayer l’exode rural qui est l’origine des mégapoles, et placer l’agriculture au cœur de la stratégie de développement des PED.
Il n’est cependant pas suffisant pour répondre aux défis auxquels les PED sont confrontés. En effet, les projections démographiques élaborées par la Banque Mondiale sont alarmantes : d’ici 2030, près de 85 % de la population mondiale habiteront dans les pays en développement, dont 15 % dans les pays les moins avancés. L’urbanisation va précisément connaître une accélération prodigieuse dans les régions les plus pauvres, en Asie en Afrique. Ainsi, en 2030, la planète comptera 23 villes ayant une population supérieure à 10 millions d’habitants ; 19 d’entre elles seront situées dans des PVD. Lagos, la ville la plus peuplée du Nigeria, va voir sa population passer de 13,4 millions à 23 millions d’habitants entre 2000 et 2015.
Et, l’état des infrastructures de transport, qui rend bien souvent impossible l’acheminement de produits périssables vers les villes, est tel que l’offre locale ne sera pas suffisante pour couvrir la demande future des populations urbaines.

C’est pour cela que seule une coopération à l’échelle internationale en vue d’initier une gouvernance mondiale de l’agriculture, comme le préconise le MOMA, permettra de répondre à ces défis.

Elle aura notamment pour tâche de :

> développer l’agriculture au niveau local et régional.

> favoriser et organiser les échanges intra-régionaux via des politiques agricoles régionales.

> permettre aux agriculteurs des PED d’accéder au marché mondial et régional par le biais d’investissements en infrastructures.

> définir des prix rémunérateurs qui permettent aux agriculteurs vivre de leur production.

> réguler la libéralisation des échanges agricoles internationaux afin que les cours mondiaux reflètent les structures de coûts, d’offre et de demande.

C’est ainsi que l’action du MOMA permettra de développer l’agriculture au niveau local et régional, d’œuvrer à lutter contre la famine, et d’endiguer l’exode rural qui gonfle les mégapoles.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012