La mise en place d’un système de données statistiques sur le niveau des stocks alimentaires gérés par les principaux pays importateurs et exportateurs de céréales serait un moyen de prévenir la survenue de crises éventuelles et de calmer les marchés. Telle est la proposition faite par les groupes intergouvernementaux sur les céréales et sur le riz, dans le cadre d’une réunion à la FAO le 24 septembre à Rome.
Dans un contexte de forte instabilité des marchés agricoles, suite à l’arrêt provisoire des exportations de blé russe l’été dernier, les deux groupes se sont ainsi réunis pour s’entendre sur les mesures à prendre concernant l’hypervolatilité des prix, dont le caractère imprévisible représente une « menace majeure pour la sécurité alimentaire ». Economiste et Secrétaire du groupe sur les céréales, Abdolreza Abbassian a ainsi déclaré : « Nous avons besoin d’un meilleur niveau d’information sur les stocks alimentaires, particulièrement de la part de la Communauté des Etats Indépendants (Fédération de Russie et anciens satellites de l’URSS), mais aussi des grands pays exportateurs comme la Chine et l’Inde ».
A l’heure actuelle, la FAO produit des estimations tous les deux mois, mais pour les experts, cela reste insuffisant. Ils préconisent ainsi la publication d’un rapport mensuel, ainsi que la mise en place d’une véritable « unité de renseignement et de recherche, indépendante et forte » dont la mission serait de suivre de très près l’évolution des niveaux de production et de stocks de céréales dans le monde. Il s’agirait donc d’une véritable mission de « Food Intelligence », de régulation par le pouvoir de l’information.
Si le concept mis en avant par la FAO constitue une des conditions nécessaires pour optimiser le fonctionnement des marchés agricoles et prévenir la survenance de nouvelles crises, il n’est en aucun cas suffisant. Car si les stocks constituent une variable essentielle à suivre, d’autres paramètres comme la spéculation sur les marchés de gré à gré ou les niveaux de soutien aux agriculteurs le sont tout autant. Or ces sujets dépassent le mandat de la FAO. D’où l’urgence de créer une structure indépendante chargée de généraliser le concept de collecte développé par la FAO. Un projet ambitieux mais essentiel compte tenu de la situation actuelle. C’est tout l’objet de l’agence momagri, créée en décembre 2009 et qui proposera à l’aide d’indicateurs inédits, une lecture plus pertinente de la situation des marchés agricoles internationaux. |