En prévision du sommet européen des 19 et 20 mars prochains, qui est censé caler la position européenne sur la réponse à la crise avant le G20 début avril, la Commission européenne a publié une communication, intitulée « L’Europe, moteur de la relance »1 , par laquelle elle renouvelle ses vœux quant à une conclusion rapide du cycle de Doha. S’adressant aux chefs d’Etats et de gouvernement des vingt-sept, la Commission estime en effet primordial de « promouvoir le libre-échange comme complément aux mesures de relance budgétaire ». « Dans ce contexte, ajoute-t-elle, il est essentiel de mener rapidement à bien le cycle de Doha sur la base des textes de négociations existants dans les domaines de l’agriculture et des biens industriels ». Le document appelle par conséquent les pays européens « partenaires du G20 (…) à mettre en œuvre cet engagement au plus haut niveau politique », afin de « réaffirmer une position commune forte contre le protectionnisme, conformément à l’engagement de statu quo adopté à Washington2 et au mécanisme de suivi efficace établi dans le cadre de l’OMC. » Par cette prise de position, la Commission européenne s’engouffre un fois de plus dans le courant de pensée dominant qui, aveuglé par la crainte du protectionnisme, se refuse à voir les conséquences dramatiques du cycle de Doha sur la sécurité alimentaire mondiale. Et pourtant, en ces temps de crises, il est plus que jamais nécessaire d’adopter une vision à moyen-long terme et non pas seulement court-termiste ; car la communauté internationale, aujourd’hui bien plus qu’hier, ne peut plus se payer le luxe de voir se superposer une nouvelle crise alimentaire à la crise économique. 1 Communication au Conseil européen de printemps, COM(2009) 114 final, 4 mars 2009 http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0114:FIN:FR:PDF 2 NDL : Lors du dernier sommet du G20, le 15 novembre dernier |