La volatilité sur les marchés agricoles continue à battre son plein, et essaime, ça et là dans le monde, ses mauvais grains. Le dernier exemple en date se trouve en Chine, où une flambée des prix alimentaires s’est récemment déclarée suite à la survenance d’aléas climatiques et à un regain de la spéculation.
Après la longue tendance baissière observée depuis la crise des subprimes de 2008, les MPA (Matières Premières Agricoles) semblent en effet redevenir attractives pour les investisseurs à court terme, sur la plupart des places boursières internationales. Et certains produits ont été plus que d’autres la cible des spéculateurs : c’est le cas des céréales, des pommes de terre ou du thé.
Pour le gouvernement chinois, la spéculation constitue l’un des principaux facteurs responsable de l'inflation observée ces dernières semaines. Conscient des risques et des menaces, il a d’ores et déjà mis en place certaines mesures pour lutter contre les comportements spéculatifs. Zhou Wangjun, Directeur-adjoint du Département des Prix à la Commission nationale pour le Développement et la Réforme, a ainsi déclaré : « Les contrevenants ayant réalisé d'important profits en spéculant sur les produits agricoles seront soumis à des pénalités fixées entre 200 milles et un million de yuans. Tout profit illégalement acquis sera immédiatement confisqué et donnera lieu à des pénalités 5 fois supérieures à ces profits. »
A l’instar des Etats-Unis, la Chine a donc pris conscience des effets néfastes que peut engendrer la spéculation sur les matières premières agricoles, même si les mesures proposées pour l’endiguer diffèrent: montée de l’insécurité alimentaire, émeutes de la faim en cas de prix trop élevés, migrations incontrôlables de populations, etc… Autant de menaces que les Grandes puissances cherchent dorénavant à éviter en cherchant à mieux encadrer la volatilité des cours des matières premières agricoles, sauf l’Europe qui reste pour le moment en retrait sur cette question. |