Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La Banque mondiale et l’OCDE rejoignent le clan des chantres de Doha

23 mars 2009



A l’occasion de deux récents rapports, publiés le même jour, la Banque mondiale et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont chacune réaffirmé l’urgence d’une conclusion du cycle de Doha à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le 17 mars en effet, la Banque mondiale publiait un rapport1 soulignant que, contrairement à leurs engagements à maintenir leurs frontières ouvertes malgré la crise, 17 des 20 membres du G20 ont pris des mesures protectionnistes depuis leur dernière rencontre à Washington en novembre dernier. Au niveau mondial, la Banque mondiale répertorie 66 mesures susceptibles d’affecter négativement les échanges, dont 47 ont déjà été mises en œuvre. Ce constat renforce selon la Banque mondiale la nécessité de relancer les négociations engagées sous l’égide de l’OMC.

Une conclusion à laquelle l’OCDE adhère entièrement : dénonçant dans son dernier rapport les politiques de réduction des exportations appliquées par certains pays émergents pour faire face à la crise alimentaire de 2007-2008, l’Organisation affirme que la « réduction des obstacles aux échanges » est un élément essentiel pour garantir la sécurité alimentaire.

Ce faisant, les deux institutions internationales rejoignent les nombreuses voix qui considèrent que le cycle de Doha est la panacée, sans prendre en considération les risques de déstabilisation durable qu’aura une libéralisation non régulée des échanges sur les marchés agricoles mondiaux, et donc la sécurité alimentaire internationale. En effet, il semble à l’heure actuelle particulièrement risqué de pousser à une libéralisation du secteur agricole alors que les conséquences ne sont pas encore bien identifiées. De la même manière que dans le domaine de la finance, les solutions préconisées n’ont pas été de développer les transactions ou d’accélérer les prêts interbancaires, il convient de prendre du recul par rapport à la situation actuelle afin de ne pas précipiter les marchés agricoles dans une instabilité exacerbée.

1 « Trade protection : Incipient but worrisome trends », World Bank, 17 mars 2009, http://siteresources.worldbank.org/NEWS/Resources/Trade_Note_37.pdf

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le jeudi 17 mai 2012