Lors d’une rencontre avec les commissions des affaires européennes de l’Assemblée nationale et du Sénat français, le 3 février à Paris, Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, a rappelé que « le budget de l’Union comprend désormais trois principales dépenses : celles qui soutiennent la compétitivité, celles qui concourent au développement, celles qui concernent la politique agricole commune ». « La politique agricole commune est nécessaire à la sécurité alimentaire de l’Union et à la compétitivité de notre production agricole, a-t-il déclaré. Les dépenses pour le développement, destinées à renforcer le potentiel des régions plus faibles, sont également une nécessité. Les dépenses en faveur de la compétitivité, qui sont la base d’une politique industrielle, sont celles qui augmentent le plus, notamment le soutien à la recherche qui a cru très fortement et va encore, je l’espère, beaucoup augmenter »1.
De ce fait, après 2013, « ou bien le budget européen va globalement augmenter, ou bien il faudra accepter que les moyens de la politique agricole commune et de la politique régionale soient un peu réduits », a estimé M. Buzek. Selon le président du Parlement européen, « la politique agricole commune ne sera pas renationalisée, mais il faudra accepter certaines modifications. A ce prix, nous aurons plus de moyens pour favoriser la compétitivité de nos entreprises, qui effectivement sont parfois un peu lentes dans un monde qui évolue très vite »2.
Pourtant, les arguments ne manquent pas pour légitimer le soutien apporté à l’agriculture : en premier lieu parce que c’est directement de l’agriculture dont dépend la sécurité alimentaire européenne. Quelles sont les marges d’action politiques d’un pays lorsque son indépendance alimentaire n’est pas assurée ? Limitées… A l’heure où l’Europe entend être une puissance politique de poids sur la scène internationale, et la récente nomination d’un Président du Conseil européen ainsi que de la haute représentante pour les affaires étrangères vont en ce sens, peut-être faudrait-il commencer par préserver ce qui est à la base de ce pouvoir.
Par ailleurs, si l’argument de la sécurité alimentaire ne suffit à convaincre, rappelons que l’activité agricole a de nombreuses externalités positives, aussi bien en termes de protection de l’environnement, maintien de l’activité économique dans les zones rurales, que préservation de l’emploi, entretien des cultures, etc. Autant de bénéfices pour la communauté en général, qui légitiment amplement un politique globale appropriée, et les moyens y afférant.
1 Cité par Agrapresse, « La présidence espagnole de l’UE cherche à éviter la volatilité des prix », 15/02/2010
2 Idem |