L’évolution des habitudes alimentaires des chinois risque d’affecter l’indépendance alimentaire du pays, en particulier concernant les céréales. Au premier rang mondial pour la production de blé et de riz, la Chine importe et exporte peu de céréales, s’appuyant sur ses récoltes et ses stocks pour satisfaire la demande intérieure. Pourtant, cette situation pourrait être amenée à évoluer sous l’effet des modifications du régime alimentaire des chinois. Ceux-ci consomment en effet de plus en plus de viande et d’œufs et de moins en moins de riz. Or, la production d’un kilo de viande nécessite sept à huit kilos de céréales. Pour faire face à cette évolution de la demande intérieure, il faudrait mobiliser un nombre important de terres agricoles. Mais il semble difficile pour l’agriculture chinoise de nourrir un pays représentant 20% de la population mondiale avec seulement 7% des terres cultivables du globe. De plus, l’urbanisation et l’industrialisation croissantes en Chine provoquent des pertes progressives de terres agricoles. Bien que réticents à recourir aux importations, les décideurs chinois pourraient pourtant être obligés de s’y résigner. Ainsi, au Printemps dernier, le Premier ministre Wen Jiabao avait déclaré : « Nous avons besoin d’améliorer nos méthodes pour ajuster les réserves et (…) augmenter les importations pour les produits de grande consommation majeurs qui ne se trouvent pas en quantité suffisante sur le marché intérieur ». Pour l’instant, et bien que l’écart se réduise entre l’offre et la demande du pays en céréales, la Chine dispose de stocks importants qui lui ont permis d’être relativement épargnée par la hausse des prix agricoles. Toutefois, cette situation pourrait ne pas durer, et la Chine, tout comme la communauté internationale, pourrait faire face à une volatilité encore plus importante des cours, à mesure que les stocks mondiaux diminuent et que la Chine, première puissance démographique mondiale, s’approvisionne de plus en plus sur le marché mondial.
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