Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’importance du foncier dans les politiques de sécurité alimentaire

01 Novembre 2010



A l’initiative du réseau associatif français Afdi (Agriculteurs français et développement international), se sont déroulées début octobre les deuxièmes rencontres Franco-Africaines, l’occasion pour les intervenants de traiter de l’impact du foncier sur l’évolution des agricultures du nord et du sud.

Pour Robert Levesque de la Fédération nationale des Safer (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural), « la course aux hectares naturels va se traduire par une concentration des meilleures terres arables entre des entreprises privées ou d’Etats étrangers qui vont capter une part importante de la valeur ajoutée agricole et de la production au détriment des populations locales ». D’après lui, 20 millions d’hectares agricoles, soit l’équivalent de 70% de la surface agricole française, seraient passés sous le contrôle d’investisseurs, de grands entrepreneurs, de fonds de pension, ou d’entreprises d’Etat étrangers, en Afrique ou en Europe de l’est, entre 2008 et 2010.

La question du foncier agricole est ainsi devenue un enjeu majeur, au nord comme au sud. Elle reste pourtant peu abordée dans les discussions internationales et car elle se situe au carrefour1 de problématiques traitées par les institutions internationales telles que l’OMC, la Banque Mondiale pour le développement, la FAO pour la sécurité alimentaire ou encore le PNUE pour l’environnement.

L’idée de Robert Levesque de « réfléchir à une agence mondiale de gestion des espaces naturels, agricoles et forestiers » prend donc toute son importance. On ne pourra en effet relever le défi alimentaire de demain si la question du foncier n’est pas gérée de façon internationale et transversale. A la fois pour préserver les espaces agricoles et les équilibres entres les différentes fonctions de ces espaces, mais aussi pour garantir l’accès aux terres aux paysans locaux.


1 Mais pas explicitement dans les mandats
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012