Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’éternelle relance de Doha

13 Juin 2011



Est-il encore possible de relancer le cycle de Doha ? C’est du moins ce qu’espère Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC. Sa proposition d’envisager un cycle à plusieurs vitesses pour adopter un accord partiel en décembre a été acceptée par les ambassadeurs des pays membres réunis à Genève le 31 mai.

Si cette approche s’impose, les négociations se dérouleront en trois temps. Une « voie rapide » pour les discussions sur les questions urgentes pour les pays les moins avancés (PMA), comme les règles d’origines ou le coton. Une « voie lente » pour les dossiers les plus sensibles, tels que l’accès aux marchés non agricoles, l’agriculture et les services ou les droits de propriété intellectuelle. Et enfin, une « voie intermédiaire » dont le contenu reste encore à définir.

Séparer les dossiers pour mieux avancer ? Si la manœuvre est contraire à la logique qui prévalait jusqu’alors et qui était vantée par Pascal Lamy dans la mesure où les différents dossiers sont liés entre eux, il est permis de douter du succès de cette énième tentative pour relancer un cycle en panne depuis plusieurs années.

Conclure Doha constituerait certes un signal politique fort adressé à l’ensemble de la communauté internationale de regain de la coopération et de refus du protectionnisme. Toutefois, les implications économiques et stratégiques sont beaucoup plus incertaines. Certaines études, à l‘instar de celles menées par momagri ou l’université Tufts, démontrent clairement que la volatilité des prix agricoles serait exacerbée, sans compter les effets néfastes sur la sécurité alimentaire ou sur un renforcement de la spéculation qu’il pourrait engendrer.

Ainsi, plutôt que de chercher à tout prix à réanimer un cycle dont personne ne souhaite réellement qu’il sorte du coma, il serait peut-être temps de redéfinir, à l’aune des événements récents, le mandat de l’OMC dans le cadre de la réforme de la gouvernance mondiale initiée par le G20.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012