Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’enjeu climatique :
un facteur influent sur l’évolution des marchés agricoles

21 Septembre 2015


Le changement climatique se vit à l’aune des épisodes cataclysmiques dans le monde qui se sont multipliés ces dernières années. La Californie vit sa quatrième année de sécheresse successive. En 2014, il y avait déjà plus de 500 000 hectares de terres agricoles en jachère dans cette région ce qui représente 1,5 milliard de dollars de pertes pour l’industrie agricole et 17 000 emplois saisonniers en moins. Selon une étude publiée début août par un centre spécialisé de l'Université de la Californie, la forte sécheresse que connait l'Etat américain pourrait couter en 2015 2,74 milliards USD de pertes et 1,84 milliard USD uniquement pour l’agriculture, de même que 21 000 suppressions d'emplois.

En Amérique Centrale, c’est le Phénomène El Nino qui inquiète. Pour la deuxième année consécutive, la récolte céréalière a été gravement affectée par la sécheresse. D'après les premières estimations de la FAO, les pertes de production seraient de 60% pour le maïs et de 80 % pour les haricots. Les pays de la sous-région ont ainsi augmenté leurs importations de denrées alimentaires de base en provenance d'autres zones d'Amérique latine pour accroître l'offre et maintenir la stabilité des prix. Le Conseil agricole d'Amérique centrale a par ailleurs proclamé l'état d'alerte après que des centaines de milliers de petits paysans ont perdu une partie ou la totalité de leurs récoltes.

La vulnérabilité de l’agriculture et de la sécurité alimentaire au risque climatique est réellement l’un des défis majeurs du XXIe siècle. Cependant, le seul enjeu climatique ne peut en aucun cas à lui seul expliquer les déséquilibres agricoles et alimentaires mondiaux. Les effets destructeurs du changement climatique sont ainsi amplifiés par les risques endogènes, c’est-à-dire les défaillances intrinsèques et structurelles des marchés agricoles : diminution des stocks mondiaux, le non ajustement automatique de l’offre et de la demande sur les marchés agricoles et la spéculation sur les matières premières agricoles.

Ainsi, le facteur « climat » intervient comme une allumette qui peut venir enflammer une situation par nature déjà déséquilibrée. Car au final, quelle lutte contre le changement climatique s’avérera efficace, si des marchés dérégulés cèdent aux sirènes courtermistes au détriment de la sécurité alimentaire mondiale?

Dans ce contexte d’incertitude, où le réchauffement climatique fait partie des tendances lourdes qui contraignent et contraindront davantage nos agricultures, nos sociétés et nos économies, il apparaît alors crucial de construire des indicateurs destinés à mesurer des réalités complexes afin de renforcer les processus de décision. L’un des cœurs de métier de l’Agence momagri.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017