Le secteur agroalimentaire français se porte bien, même en ces temps troublés : annonçant lundi 27 avril avoir enregistré en 2008 un chiffre d’affaires de 162,9 milliards d'euros, en hausse de 5,5% sur un an, le secteur se dit optimiste pour 2009. Pour preuve, les 10 000 emplois à pourvoir dans cette filière, deuxième employeur de France (412.500 salariés en 2008) derrière la métallurgie, mais qui reste néanmoins entachée d’une mauvaise image auprès des jeunes. Or, selon l’association nationale des industries alimentaires (Ania), les offres d’emploi vont aller en s'accentuant compte tenu du départ à la retraite dans les cinq prochaines années de 10 à 12% des salariés du secteur, ce qui représentera un potentiel de 28.000 à 33.600 postes à pourvoir. D’autre part, le secteur n’a enregistré qu’une hausse de 5% seulement des faillites en 2008 par rapport à 2007, contre 12% pour le reste de l’industrie. Ce bilan est particulièrement positif en période de marasme économique. Seule inquiétude pour les industriels de l’alimentation toutefois, d’après l’Ania : la volatilité des cours des matières premières agricoles. En effet, près de 90% des 10 500 entreprises qui composent ce secteur sont des PME, plus vulnérables à l’évolution erratique des cours des produits de base agricoles que des solides multinationales. Aussi, l’hyper-volatilité structurelle des cours sur les marchés agricoles internationaux est un problème majeur qui est loin de se cantonner aux seuls agriculteurs. Comme le soulignait récemment un rapport du CESE (Conseil économique, social et environnemental), présenté par la vice-présidente de la FNSEA Christiane Lambert, il affecte toute la chaine économique, du producteur au consommateur, en passant par les transformateurs et distributeurs ; et il serait par conséquent judicieux de mettre en place de réelles politiques de régulation et stabilisation, qui non seulement bénéficieraient à tous, mais consolideraient en particulier un secteur crucial dans notre économie. |