Une récente étude du Centre mondial d’agroforesterie1, dont le siège se trouve à Nairobi2, a révélé que l’agriculture est beaucoup plus protectrice des arbres et forêts qu’on ne l’estimait jusqu’à présent. D’après les images satellites étudiées, la couverture forestière dépasse 10% sur 10 millions de km2 de terres agricoles, soit près de la moitié de la superficie agricole mondiale. Comme l’a souligné Dennis Garrity, directeur général du Centre mondial d’agro-foresterie, la superficie agricole couverte par la forêt « telle que la révèle [l’]étude équivaut à deux fois la taille de l’Amazonie, et prouve que les agriculteurs plantent des arbres et les protègent spontanément. » A l’heure où la lutte contre le changement climatique est plus que jamais à l’ordre du jour de la communauté internationale, cette étude souligne la réelle contribution du secteur agricole pour la préservation des pièges à carbone que sont les arbres. Une réalité à prendre en compte, notamment au moment où le gouvernement français souhaite introduire la taxe carbone (ou « contribution climat énergie », CCE) dès 2010 pour inciter les entreprises, administrations et particulier à consommer moins d’énergie fossiles3, et réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre. Faut-il en effet taxer un des seuls secteurs qui, grâce à la fonction essentielle de la photosynthèse et la préservation des arbres, absorbe du CO2 et rejette de l’oxygène ? Le débat reste ouvert ; et il serait à ce titre intéressant de faire le bilan carbone de l’agriculture, afin d’évaluer l’impact réel du secteur primaire sur les émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique. 1 http://www.worldagroforestry.org 2Kenya 3Pétrole, gaz, charbon |