Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’agriculture européenne : une arme anti-crise

24 Mars 2014


La ville de Séville a accueilli du 13 au 14 mars, une conférence internationale sur la Politique Agricole Commune (PAC). Elle a réuni plus de 300 agriculteurs de toute l’Europe ainsi que divers organismes nationaux et européens, à l’instar du COPA-COGECA et de l’organisation agricole d’Espagne ASAJA.

Trois séances de travail et une table ronde pendant lesquelles la nouvelle PAC 2014-2020 a été analysée sous toutes ses coutures, pour en comprendre les particularités et les nouvelles dispositions pour l’Agriculture européenne. L’occasion également de rappeler la portée stratégique de l’Agriculture en Europe et son impact sur le fonctionnement de chacune des sociétés qui la compose.

Les intervenants ont ainsi rappelé le rôle clé joué par le secteur agricole afin d’aider l’Union européenne à surmonter la crise économique, tout en soulignant que l’application de la future PAC ne sera pas chose aisée : la charge administrative augmentera alors que le soutien est voué à diminuer.

Rappeler aux citoyens l’importance stratégique et spécifique de l’Agriculture est essentiel. Cependant rien dans la nouvelle PAC ne laisse espérer qu’elle permettra non seulement à l’agriculteur de vivre d’un revenu stable et suffisamment rémunérateur, mais encore d’assurer la sécurité alimentaire de 505,7 millions de consommateurs1. L’instabilité et l’hypervolatilité des marchés agricoles nécessitent une politique agricole adaptée, or le maintien des aides découplées scelle davantage une agriculture sans corrélation avec la production, ni même avec les marchés.

Il manque à la nouvelle PAC une volonté politique et surtout des objectifs stratégiques en matière de production et d’échange. Car aujourd’hui, d’autres politiques agricoles dans le monde, à l’instar des Etats-Unis ou du Brésil, misent notamment sur des aides flexibles, conscientes de la portée hautement stratégique de leur secteur agricole. Les soutiens publics par habitant à l’agriculture ont ainsi baissé de 17% dans l’UE depuis 2008, alors qu’ils ont augmenté dans les autres grands pays producteurs. Dans cette optique, d’ici 2015, les soutiens publics à l’agriculture par habitant dans l’Union européenne seront inférieurs à ceux de la Chine et du Brésil.

Si les producteurs, les élus, les citoyens sont de plus en plus nombreux à admettre l’importance économique et stratégique de l’agriculture, quand cesserons-nous d’occulter les principes qui sont à l’origine des politiques agricoles, à savoir la nécessité d’une maîtrise des fluctuations de production et des niveaux de prix ? Finalement, la véritable réforme de la PAC reste à faire !


1 Au 1er janvier 2013 (Eurostat).
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Paris, le samedi 23 septembre 2017