Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’agriculture et l’agroalimentaire :
piliers des équilibres de la Chine

11 Mai 2015


Nourrir un pays de 1.350 milliard d’habitants avec seulement moins de 9% des terres arables du globe, voici l’équation complexe à laquelle doit répondre la Chine. A la fois géant agricole en tant que puissance commerciale, l’empire du Milieu mesure également chaque année un peu plus ses faiblesses structurelles face à une demande intérieure humaine et animale difficilement soutenable, face également à des habitudes alimentaires en mutation.

Malgré ces dysfonctionnements, la Chine considère son secteur agricole comme éminemment stratégique en vue d’assurer à terme son autosuffisance alimentaire et de conquête des marchés internationaux. Dans cette optique, elle cherche notamment à parfaire sa réputation sur le continent africain, en se présentant comme un moteur du développement de l’agriculture africaine.

La politique agricole chinoise tourne finalement autour de trois objectifs majeurs : développer le potentiel productif de son agriculture, améliorer la sécurité alimentaire de sa population, tout en assurant un état d’équilibre entre les populations rurales et urbaines. Pour les atteindre, la Chine a mis en place de nombreux programmes de soutien axés sur deux thématiques principales qui concentrent 85 % des aides versées : l’accroissement du potentiel productif national et l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs. Les prêts agricoles ont par ailleurs augmenté de 6% entre 2007 et 2014, passant de 22% à 28% des prêts totaux. Mais la Chine modernise également de plus en plus son industrie agroalimentaire (absente encore dans les années ’80) et mise sur une augmentation de ses investissements agroalimentaires à l’étranger (En 2013, la Chine aurait investi plus de 10 milliards de dollars dans l’agroalimentaire à l’étranger). En France, deux usines de lait en poudre à financements chinois sont entrées en opération en 2015 et s'appuient sur des partenariats avec des coopératives laitières (Isigny-Sainte-Mère en Normandie, et Sodiaal dans le Finistère).

Cependant, si Pékin annonce à intervalle régulier le renforcement de sa politique de soutien et une modernisation toujours plus poussée de son agriculture, les aléas climatiques (pollution grandissante de ses terres agricoles), de même qu’une dépendance accrue aux importations (elles sont passées de 10 milliards USD en 2000 à 123 milliards USD en 2013), rappellent les défis quotidiens auxquels le pays est confronté. Rappelons que la Chine compte pour 20% de la consommation mondiale de céréales, 25% de la consommation mondiale de viande, et connait une augmentation rapide de sa consommation laitière. Par ailleurs, les approvisionnements du pays en soja dépendent à 80% des marchés extérieurs.

La Chine renforce chaque année sa stratégie agricole de conquête de son autosuffisance alimentaire tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Si cet objectif est difficilement estimable en termes d’échéance, il est certain que sa production agricole va poursuivre sa croissance tout en poursuivant son approvisionnement sur les marchés extérieurs, avec les risques de déséquilibres sur les marchés agricoles qu’une telle situation pourrait engendrer.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017