|
L’assureur-crédit Coface vient de publier, au début du mois de novembre, une étude sur l’état de l’industrie agroalimentaire dans le monde qui met notamment en évidence l’importance de ce secteur dans l’économie française.
Avec une activité en hausse de 3% en 2010 qui atteint près de 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’agroalimentaire est le premier secteur industriel de l’économie française et le second employeur du territoire. Totalisant plus de 7% des exportations françaises, il est l’un des rares secteurs à présenter un solde commercial excédentaire, contribuant à limiter la dégradation de la balance commerciale1. D’après des chiffres récemment publiés par le ministère de l’Agriculture, l'excédent commercial agricole a ainsi atteint 4 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année.
Ces chiffres confirment le constat dressé par Christian Jacob, Député-Maire de Provins et Président du Groupe UMP de l’Assemblée Nationale, dans un article que nous avons récemment publié sur notre site2: « le maintien d’un secteur agricole puissant est pour la France une question cruciale », et ce d’autant plus qu’il a fait preuve d’une bonne résistance pendant la crise.
Dans un contexte de plus en plus turbulent, l’enjeu est pressant. Depuis quelques années, la volatilité des cours et la financiarisation des marchés agricoles se sont considérablement accrues, faisant peser sur le secteur des pressions de plus en plus fortes. Si l’étude de la Coface note que l’industrie agroalimentaire est toujours aussi solide, elle insiste néanmoins sur les risques majeurs que peut faire peser, à terme, la volatilité des prix agricoles sur ce secteur et plus généralement sur l’économie française. N’oublions pas que la compétitivité des industries agroalimentaires françaises est fondée sur un approvisionnement régulier en quantité et qualités que l’agriculture a été en mesure de leur assurer grâce à la visibilité offerte par la PAC. Une visibilité aujourd’hui gravement menacée…
Il est donc primordial, pour la France mais aussi pour l’Europe, de mettre en œuvre des mécanismes de régulation adéquats permettant de faire face aux risques de marché croissants auxquels les secteurs agricoles et agroalimentaires sont exposés, sans entraver la compétitivité internationale à l’export de ces secteurs. C’est tout l’enjeu de la réforme de la PAC post 2013 actuellement en discussion à Bruxelles.
1 Cf article momagri du 05/09/2011 « Les produits agricoles et agro-alimentaires limitent la dégradation du déficit commercial extérieur de la France » : http://www.momagri.org/FR/regards-sur-l-actualite/Les-produits-agricoles-et-agro-alimentaires-limitent-la-degradation-du-deficit-commercial-exterieur-de-la-France_972.html
2 Cf article momagri du 31/10/2011 « La France n’a jamais cessé d’être un pays agricole » : http://www.momagri.org/FR/editos/La-France-n-a-jamais-cesse-d-etre-un-pays-agricole_1001.html
|