Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’agriculture en danger au sein du Congrès américain

27 Juin 2011



Comme nous l’avons déjà indiqué à plusieurs reprises, les budgets agricoles sont aujourd’hui au cœur des débats de part et d’autre de l’Atlantique1. Aux Etats-Unis, les restrictions redoutées par les défenseurs du Farm Bill, et plus généralement d’une agriculture américaine forte, se précisent.

Le 16 juin, la Chambre des représentants américaine a en effet adopté un projet de loi de finance de l’Agriculture de 125,5 milliards de dollars, contenant une série de réductions très controversées. Parmi les restrictions budgétaires les plus préoccupantes, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur américain des marchés de matières premières, voit son budget amputé de 136 millions de dollars par rapport à la demande du président Obama dans sa proposition de budget pour 2012.

Le député démocrate Collin C. Peterson, membre du comité permanent pour l’Agriculture au sein de la Chambre des représentants, n’a pas tardé à réagir à ce qu’il considère être une nouvelle « attaque » du Congrès contre l’agriculture : « Les fonds qui permettraient à la CFTC d’avancer dans les réformes financières et de mettre en place un marché dérivé plus transparent ont été drastiquement réduits. J’ai bien peur que nous nous retrouvions sans filet de sécurité adéquat si le Congrès continue à réduire ainsi les farm programs. Et au final, cela pourrait potentiellement coûter plus d’argent au gouvernement, non pas moins. »2

Cette situation, similaire en Europe, s’apparente à un problème typique de risque et d’assurance : la volatilité des prix étant le risque, et le Farm Bill l’assurance qui permet aux farmers américains de s’en prémunir. Ne pas payer de police d’assurance permettrait sûrement de faire de belles économies, de l’ordre que de quelques centaines de millions de Dollars par an. Mais le Congrès américain est-il prêt à exposer son agriculture à la merci d’un retournement brutal des prix où à une crise durable, dont les conséquences en termes économiques, sociaux et politiques, pourraient être bien supérieures. A la suite de la crise de 1929, l’administration de Roosevelt avait, elle, fait le pari inverse.


1 Cf Article momagri du 06/06/11 : http://momagri.fr/FR/articles/Les-programmes-agricoles-actuels-meritent-d-etre-critiques-car-ils-se-sont-detournes-de-l-objectif-final-concernant-la-politique-agricole-_925.html
2 “The funds that would allow the CFTC to move ahead with financial reforms and bring about a more open and transparent derivatives market were slashed. I fear that if Congress continues to chip away at farm programs we will be left without an adequate safety net and the end result could potentially cost the government more money, not less.”

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012