Dans un contexte alimentaire de plus en plus tendu, sous l’effet combiné de la crise financière et du maintien des prix des produits de base à des niveaux toujours élevés, les aides au financement destinées au continent africain se multiplient. Le 15 avril en effet, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonçait le financement par la Belgique d’un programme de 6,6 millions de dollars d’aide d’urgence aux agriculteurs africains les plus démunis, consistant en des distributions de nourriture, de semences et une assistance pour améliorer la production agricole. En parallèle, le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet s’engageait le même jour à créer un Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique (FIAA). Réunissant l’Agence française pour le développement (AFD), la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA) et la fondation de Kofi Annan « Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA), il lèvera dans un premier temps 200 millions d’euros avec, à terme, un objectif de 500 millions d’euros. Le principe consiste à renforcer le professionnalisme et l’organisation de la production agricole locale, de manière à atténuer les risques liés à la volatilité des cours sur les marchés internationaux. Alors que, du fait de l’application de trois décennies de politiques de libéralisation, les investissements dans l’agriculture en Afrique sont tombés de 17% à 3% des investissements globaux entre 1980 et 2006, ces initiatives signent le retour de d’aide internationale destinée à l’agriculture, et apportent un souffle d’espoir pour améliorer la sécurité alimentaire du continent. En particulier, le FIAA présente l’avantage d’être un réel levier de développement économique du secteur agricole ; une étape essentielle dans le développement économique global de l’Afrique. |