Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’agriculteur : clé de voûte de la lutte contre la pauvreté dans le monde

25 Juillet 2011



Selon le dernier rapport1 annuel de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) publié le 7 juillet dernier, la croissance économique observée dans les pays en développement, notamment ceux d’Asie, pourrait permettre de réduire fortement la pauvreté dans le monde d’ici 2015.

Si la communauté internationale continue de panser les plaies causées par la récente crise économique et financière, l’ONU considère que « les tendances actuelles suggèrent que la croissance garde suffisamment d’élan dans le monde en développement pour permettre les progrès nécessaires pour atteindre la cible visant à réduire la pauvreté au niveau mondial ». Selon leurs projections, le taux global de pauvreté pourrait se situer au dessous du seuil de 15% à horizon 2015, soit à un niveau qui permettrait d’atteindre l’un des OMD selon lequel la pauvreté devait être divisée par deux entre 2000 et 2015.

Cette tendance serait particulièrement marquée en Asie, où les taux de croissance importants observés laissent suggérer que les taux de pauvreté pourraient chuter rapidement, à l’instar de la Chine ou de l’Inde.

La lutte contre la faim reste l’un des objectifs prioritaires à atteindre pour faire reculer durablement la pauvreté dans le monde. Or, la proportion d’habitants dans les pays en développement qui en souffre se stabilise, depuis 2005 à 16%, même si l’extrême pauvreté est en nette diminution.

Cette absence de progrès dans la lutte contre la faim dans le monde fait peser une menace réelle sur le recul durable de la pauvreté dans le monde, d’autant plus qu’elle se double d’un appauvrissement généralisé d’une partie notable de la population dont le rôle est stratégique : les agriculteurs.

Or, comme nous le mentionnions dans un précédent article2, plus d’un individu sur deux souffrant de la faim dans le monde est un agriculteur. Les agriculteurs constituent le socle de la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le monde. Sans agriculteurs, les objectifs fixés en termes de production agricole nécessaire pour garantir une alimentation suffisante face à une démographie croissante ne pourront pas être atteints. Cela est d’autant plus vrai dans les PED, dont les besoins sont les plus préoccupants, et pour lesquels la proportion d’agriculteurs qui souffrent de la faim est la plus grande.

Il est donc primordial, en vue de réaliser des progrès durables dans la lutte contre la faim dans le monde, d’améliorer la condition des agriculteurs des pays en développement par le biais de mesures de régulation adaptées qui leur permettent de bénéficier de prix rémunérateurs, condition sine qua non à l’instauration d’un cercle vertueux du développement.


1 http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report_2011.pdf
2 Faim dans le monde : un chiffre peut en cacher un autre (27/09/2010), http://www.momagri.org/FR/editos/Faim-dans-le-monde-un-chiffre-peut-en-cacher-un-autre_746.html

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012