Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’absence de gouvernance, un facteur clé de la volatilité des prix agricoles ?

14 Mai 2012


« En la forêt de grande instabilité » : dès son titre, la 26ème édition du rapport CyclOpe, publiée le 9 mai dernier, met en avant la très forte instabilité des marchés, notamment agricoles. D’après Philippe Chalmin, professeur à l'Université Paris-Dauphine et directeur du Cercle CyclOpe, la volatilité des prix agricoles devrait rester élevée en 2012, du fait d’une conjonction de causes structurelles et conjoncturelles.

La volatilité des prix agricoles, que la plupart des experts considéraient, jusqu’à une période récente, comme passagère, semble donc être aujourd’hui admise comme structurelle.

Si l’analyse des experts divergent encore sur les causes, nombreuses et complexes, de cette volatilité, trois sont mises en avant par Philippe Chalmin :

    - en premier lieu, les spécificités propres aux marchés agricoles, caractérisés notamment par une faible élasticité de l’offre à la demande ;

    - ensuite, un contexte géopolitique tendu, avec l’émergence de nouveaux acteurs clés comme la Chine ou la Russie, qui peuvrent modifier brutalement les conditions d’offre et de demande sur les marchés agricoles internationaux ;

    - enfin, l’absence d’une véritable gouvernance internationale, à même d’encadrer cette instabilité.
Si ces trois facteurs sont fondamentaux, le dernier mérite d’être souligné car il signifie que le libre jeu des forces du marché ne stabilisera pas les prix agricoles à des niveaux satisfaisants. Il s’agit là d’un élément crucial, en rupture avec la vision qui a dominé jusqu’à une période très récente la conduite des réformes des politiques agricoles nationales.

Voilà qui renforce la vision de momagri : face aux imperfections structurelles des marchés agricoles et à leur nature éminemment stratégique au regard de la sécurité alimentaire, la mise en œuvre de politiques publiques de régulation, coordonnées au niveau international, constitue la condition sine qua non à la stabilisation des marchés agricoles.

Ce constat s’est accompagné d’un renforcement des mécanismes de régulation et de soutien aux Etats-Unis. Il est dès lors essentiel que la réforme de la PAC se poursuive sur des orientations similaires, au risque, sinon, d’une fragilisation de l’ensemble de la filière agricole européenne.
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Paris, le jeudi 23 octobre 2014