Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’OMC lance une réflexion
sur le « Fabriqué dans le monde »

29 Août 2011



Volonté de revisiter le sens du commerce international ou simple diversion dans une période de remise en cause du cycle de Doha ? Cette initiative n’en demeure pas moins intéressante à plus d’un titre.

Officiellement, l’OMC souhaite améliorer la mesure des flux commerciaux et leur analyse pour mieux comprendre l’effet de l’ouverture des échanges sur l’emploi, notamment. Mieux connaître la valeur ajoutée par chaque pays dans le processus de production des biens finaux permet à l’OMC de valoriser les bienfaits pour tous du commerce international. Une première réponse aux débats croissants sur la démondialisation et la préférence nationale.

Il est vrai que la production de nombreux biens industriels, de la conception à la fabrication des composants jusqu’à l’assemblage, est aujourd’hui éclatée entre plusieurs pays. Le Boeing 747 Dragline, avion américain, est donné en exemple : les ailes et le fuselage proviennent du Japon, le fuselage central d’Italie, les moteurs du Royaume Uni, les freins, les équipements électriques et divers outils informatiques de France.

Ainsi, de plus en plus de produits sont « Fabriqué dans le monde » ou « Made in the World » et non plus « Made in the USA » ou « Made in France ». Selon Pascal Lamy, le biais statistique créé par l'imputation de la totalité de la valeur commerciale au dernier pays d'origine peut fausser le débat politique sur l'origine des déséquilibres commerciaux. Le message de l’OMC est clair : le commerce international n’est pas responsable de vos déséquilibres économiques ou de vos problèmes d’emploi, loin de là, il contribue à les résoudre sans que cela apparaisse dans les statistiques officielles …

L’argument est habile, mais ne faudrait-il pas aller plus loin que la remise en cause des statistiques et revisiter les théories du commerce international : les modèles du commerce international sont toujours – à quelques évolutions et quelques précisions près – les mêmes qu’il y a cinquante ans, alors même que le monde a considérablement changé.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012