Le 2 avril dernier, l’OMC a condamné en appel les Etats-Unis pour leurs subventions au coton dénoncées notamment par le Brésil depuis plusieurs années. Ce dernier estime en effet que les subventions versées aux producteurs de coton américain se sont élevées à 2,5 milliards de dollars en 2007, et qu’elles portent préjudice aux producteurs de coton brésilien. Pour l’OMC, les Etats-Unis ont agi « d’une manière incompatible avec l’accord sur l’agriculture en appliquant des subventions à l’exportation d’une manière qui entraîne le contournement de leurs engagements ». Suite à cette décision, Roberto Carvalho de Azevado, chef du département économique du ministère brésilien des affaires étrangères, a déclaré que le Brésil réclamerait « des compensations dans les secteurs des biens et de la propriété intellectuelle ». Mais cette décision concerne également les 10 millions de producteurs de coton africains, lourdement pénalisés par ces subventions puisqu’ils ne peuvent soutenir la concurrence face aux producteurs de coton nord-américains. En effet, pour de nombreux Etats africains, comme le Burkina Faso, le Mali, le Bénin ou le Tchad, la production de coton constitue un secteur vital tant il est vrai qu’elle permet d’assurer un revenu à de nombreux ménages ruraux et qu’elle constitue une part non négligeable des exportations. Malgré cette décision, les Etats-Unis pourraient ne pas modifier substantiellement leur politique cotonnière au regard du nouveau Farm Bill récemment adopté par le Congrès américain, qui n’établit aucune limite à ces soutiens internes. Mais que les producteurs africains et brésiliens se rassurent, Susan Schwab, représentante américaine au Commerce, a récemment affirmé que ce nouveau Farm Bill ne constituait pas « l’offre des Etats-Unis » dans le cadre du Cycle de Doha… |