Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde :
795 millions de personnes souffrent toujours de la faim

1er Juin 2015


Selon le rapport 2015 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), présenté à Rome le 27 mai, sur « l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde » (SOFI 2015), le nombre de personnes en situation de sous-alimentation a diminué de 167 millions sur la dernière décennie, et de 216 millions depuis les années 1990-1992. Par ailleurs, 72 pays en développement (PED) sur 129 ont atteint l’OMD 1 visant à réduire de moitié la proportion de population sous-alimentée.

Si globalement le chiffre de personnes souffrant de la faim dans le monde diminue, il existe non seulement de fortes disparités régionales mais également des catégories de populations plus touchées que d’autres qui risquent, à terme, d’être de puissants catalyseurs d’une nouvelle crise alimentaire mondiale. Ainsi sur ces 795 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, plus de 50% en moyenne sont des agriculteurs.

Autre point important soulevé par le rapport : les liens – potentiellement pernicieux – existants entre la libéralisation des échanges et la sécurité alimentaire. Muette sur ce sujet dans son édition 2014, l’Organisation consacre cette année plusieurs pages de son rapport à cette problématique.

Finalement, pour la FAO, l’absence de bonne gouvernance et d’état de droit, l’instabilité politique, les conflits, les troubles civils, les chocs climatiques ou de volatilité excessive sont autant de facteurs qui nuisent à la lutte contre l’insécurité alimentaire.

Car malgré de réelles avancées, la « guerre contre la faim » qu’évoque ce nouveau rapport est pourtant loin d’être gagnée. Une stabilité politique et une gouvernance efficace ainsi que des engagements à long terme pour la sécurité alimentaire à l’aide de politiques publiques volontaristes, seront essentiels à la réduction de la faim et de la malnutrition.

Il reste pourtant particulièrement encourageant et révélateur de constater que la FAO considère la libéralisation des échanges et ses conséquences potentiellement nuisibles sur la sécurité alimentaire, sans le déploiement de ces politiques publiques volontaristes, et finalement admet les limites de la stratégie de libéralisation totale des marchés agricoles.

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Paris, le samedi 23 septembre 2017