Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’Argentine n’a plus de « terres en trop »

23 Mai 2011


« Il ne s'agit pas d'étatiser mais de protéger nos terres rurales, qui représentent au XXIe siècle une ressource stratégique et non renouvelable », a déclaré la présidente argentine Cristina Kirchner sur fond de nouveau projet de loi visant à limiter les rachats de terres dans le pays.

Ce sont les personnes physiques, les gouvernements et les sociétés étrangers qui sont principalement visés. En effet selon le projet de loi, ceux-ci ne pourront plus acheter chacun plus de 1 000 hectares de terres agricoles et posséder au total plus de 20 % du territoire national.

A l’époque du slogan de l’ancien président libéral Carlos Menem « Nous avons de la terre en trop » dans les années 1990, de nombreux investisseurs étrangers ont acheté des terres en Argentine. Aujourd’hui selon la fédération agraire, les étrangers détiennent 10 % du pays, l'équivalent de 300 000 kilomètres carrés, soit 30 millions d’hectares, ce qui représente plus de la moitié de la superficie de la France.

A l’heure actuelle, ce sont les Etats comme la Chine ou l’Inde qui multiplient les achats de terres pour garantir leur sécurité alimentaire, alors que les prix des matières premières agricoles sont devenus extrêmement volatils. Dernièrement, Taiwan a également fait savoir son intention d’externaliser une partie de sa production agricole sur des terres étrangères : « Nous allons nous concentrer sur des pays qui sont nos alliés diplomatiques, spécialement en Amérique latine et en Afrique », a déclaré Lee Pai-Po, le secrétaire général adjoint du Fonds International de Coopération et de Développement de Taiwan (ICDF).

La question des achats de terres est de plus en plus sensible. Les pays d’orientation libérale à l’instar du Brésil, commencent même aujourd’hui à être les apôtres d’une limitation de cette pratique, notamment depuis la récente (re)prise de conscience du caractère éminemment stratégique de l’agriculture suite à la crise alimentaire de 2007/2008. Dernièrement, le Directeur général de la FAO Jacques Diouf a encore insisté sur le fait que ces investissements peuvent constituer des sources de conflits si ceux-ci ne sont pas durables et si les droits des acteurs locaux et des problèmes de sécurité alimentaire intérieure ne sont pas pris en compte. Il est donc urgent que cette question soit abordée lors du G20 agricole des 22 et 23 juin prochains, de manière à en réguler la pratique.
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012