Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’Aide Publique au Développement :
l’Europe doit mieux faire

20 Octobre 2014


L’Union Européenne reste loin de son objectif de consacrer collectivement 0,7 % du RNB (Revenu National Brut) à l’APD (Aide Publique au Développement) pour 2015. Voici un constat dressé une nouvelle fois par l’ONG ONE dans son rapport DATA 2014 « lutter contre la pauvreté et financer l’avenir de l’Afrique ». « En 2013, la contribution totale de l’UE (comprenant les flux d’aide des 28 États membres et les prêts d’APD consentis par la Banque européenne d’investissement (BEI), qui ne sont pas imputés aux États membres) a augmenté pour s’élever à 73,8 milliards de dollars, ce qui correspond à une augmentation de 3,3 % par rapport à 2012, mais reste cependant inférieur au pic de 2011 », relève le rapport. Soit 0,42% de son RNB consacré en 2013 à l’aide publique au développement. Une obole si l’on considère qu’une augmentation de 51,9 milliards de dollars sera nécessaire entre 2013 et 2015 pour atteindre l’objectif collectif de 0,7 %. Parmi les mauvais élèves, la France dont l’aide au développement recule plus qu’en Grèce (recul de 3,3% entre 2012 et 2013).

Or les pressions budgétaires au niveau européen n’offrent que peu de perspectives d’amélioration en 2015, alors que les crédits à l’aide au développement et à l’aide humanitaire « sont les plus touchés par les propositions de coupes [budgétaires] »1.

Les pays donateurs ne sont pas les seuls en cause. En bout de chaîne, les bénéficiaires du continent africain ont également échoué à consacrer 10 % de leurs dépenses à l’agriculture, engagement décidé lors du sommet de Maputo en 2003.

Dans l’aide au développement, le volet agricole joue un rôle primordial. Aucun pays du monde n’a connu de croissance économique stable et durable sans un développement préalable de son secteur agricole. L’agriculture est en effet la principale source de revenu pour plus de 40 % de la population mondiale.

Or, 70% des pauvres et des sous-alimentés du monde vivent en milieu rural et sont principalement des paysans. Pourtant, l’agriculture et l’alimentation n’occupent qu’une place réduite dans l’aide publique au développement (APD). Ainsi, dans le budget de l’APD délivrée par la France, la part qui revient à l’agriculture et à la sécurité alimentaire est en baisse depuis 2007.

Finalement, l’Agriculture est la variable stratégique qui doit ainsi être replacée au centre des préoccupations de développement. Pour cela, il faut maintenir et développer des politiques agricoles nationales, régionales et mondiales en réorientant leurs objectifs premiers vers la garantie du droit à l’alimentation. Et parallèlement, concevoir des régulations des échanges agricoles mondiaux de façon à protéger les agricultures vivrières aujourd’hui en concurrence avec les agricultures exportatrices les plus compétitives.



1 Selon une source citée par le média en ligne, Euractiv

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Paris, le jeudi 23 novembre 2017