Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Japon : une politique renforcée en faveur de la sécurité alimentaire

05 mai 2008

Le Japon subit depuis plusieurs semaines une pénurie de beurre résultant des difficultés auxquelles est confronté le secteur laitier depuis plusieurs années. Les causes sont multiples, et elles affectent aussi bien la demande que l’offre. On note en effet une baisse progressive de la consommation de lait de l’Archipel depuis 1990 conjuguée à une hausse de la demande de beurre. Les causes sont de deux ordres : une évolution des modes de consommation et des difficultés de plus en plus importantes des producteurs à répercuter les hausses de prix, dues à un renchérissement de l’alimentation animale, et à la canicule de l’été 2007. En résulte donc, et c’est ce qu’on observe pour le beurre, une diminution des stocks à des niveaux extrêmement bas qui ne peuvent désormais plus jouer le rôle d’amortisseur des crises et de garant de la sécurité alimentaire. La diminution du nombre des exploitations laitières illustre l’ampleur de la crise que traverse ce secteur au Japon, malgré les relances de la production laitière sur l’île d’Hokkaido, principale région agricole du pays.

Mais au-delà de la pénurie de beurre, ce sont les difficultés d’approvisionnement alimentaire de manière générale qui suscitent l’inquiétude dans ce pays et plus particulièrement pour la viande, les fruits et le poisson.. L’Archipel ne parvient à assurer que 39% de ses besoins en calories, contre 70% au lendemain de la guerre. Face à cela, le gouvernement s’est fixé comme objectif en 2005 de faire remonter le taux d’autosuffisance alimentaire à 45% avant 2015. Nul doute que les tensions actuelles sur les marchés agricoles internationaux rendent encore plus pressant la réalisation de cet objectif. Pour Yasuhiko Nakamura, professeur à l’université de Tokyo, « la hausse de la demande dans les nations émergentes et la progression des prix obligent le Japon à réagir ». Une réaction qui passe notamment par une modernisation et une amélioration de la compétitivité du secteur agricole japonais, priorités d’une loi d’avril 2007 modifiant les orientations agricoles du pays.

Ces inquiétudes relatives à l’indépendance alimentaire ont récemment été exprimées par les responsables des organisations agricoles japonaises (JA ZENCHU) lors d’une conférence de presse conjointement organisée à Bruxelles le 10 avril dernier avec les organisations agricoles européennes (COPA-COGECA) pour mettre en évidence les risques que présenterait la conclusion d’un accord final à l’OMC, notamment en termes de sécurité alimentaire
1.


1 On peut consulter sur ce thème l’article en date du 14/04/08 : « OMC : les responsables des organisations agricoles européennes et japonaises interpellent citoyens et décideurs sur les risques d’un éventuel accord commercial » dans la rubrique Regards sur l’actualité.
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012