Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Incertitudes sur le marché du sucre

14 Mars 2011



A l’instar des autres matières premières agricoles, le sucre est touché par une forte volatilité sur les marchés à terme. Ces dernières semaines, cette tendance s’est accentuée. Depuis le début du mois de janvier, les cours n’en finissent pas de rebondir, traduisant une incertitude grandissante qui déboussole un peu plus les acteurs du marché.

Rappel des faits : début février, le sucre flambe. Les cours atteignent alors 845 dollars la tonne, leur plus haut niveau depuis 1987. Le 2 mars, le sucre connaît sa première baisse depuis trois mois sur les marchés à terme de Londres et de New York. Il est alors côté à 700 dollars la tonne à la bourse de Londres. Pour les analystes financiers, cette baisse est due à deux principales raisons : la prochaine récolte brésilienne s’annonce pléthorique et l’UE a décidé de mettre sur le marché quelques 500 000 tonnes de sucre hors quota afin de stabiliser les prix.

Deux jours plus tard, le 4 mars, les avis divergent. Certains affirment que les cours vont baisser du fait d’une production soutenue et en progression face à une demande stagnante, notamment pour les biocarburants. D’autres, au contraire, considèrent que les cours vont repartir à la hausse car le dernier rapport de l’Organisation internationale du sucre (ISO) annonce que la production de sucre est finalement décevante, notamment au Brésil, alors que l’organisation prévoyait quelques mois plus tôt des niveaux de production beaucoup plus élevés.

Le cas du sucre est symptomatique de la spécificité des marchés agricoles internationaux : il est impossible pour un producteur et plus encore pour un financier d’évaluer avec précision les quantités qui seront finalement produites, leur qualité et les prix auxquels elles pourront être vendues. Ce faisant, toute information supplémentaire sur l’état des récoltes à venir constitue un signal important à destination des marchés, et d’autant plus actuellement que les marchés sont tendus, hypervolatils, dans un contexte de reprise économique larvée.

Aussi, la seule chose dont on soit désormais sûr, c’est que l’incertitude est de mise et que cette dernière va se renforcer dans les semaines à venir, s’accompagnant de mouvements de prix aussi brutaux qu’imprévisibles, sans pour autant que les fondamentaux relatifs à l’offre et à la demande n’en soient réellement perturbés…On se retrouve dans le cas-type de marchés d’anticipation complexes où ces dernières deviennent les principaux facteurs de l’évolution des marchés à court terme, avec tous les dangers que cela fait poser sur les équilibres mondiaux.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012