Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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Paris, le jeudi 29 juillet 2010

Harmoniser le droit du travail saisonnier, définir la juste rémunération des producteurs

23 novembre 2009



Lors d'un congrès de producteurs de fruits et légumes réuni à Cavaillon jeudi 19 novembre, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a déclaré avoir demandé à la Commission européenne un projet de directive sur l'emploi saisonnier de façon à harmoniser le droit du travail qui s'applique dans les pays de l'Union.

Sur fond de polémique suite à la question du remboursement des 500 millions d'euros d'aides exigé par Bruxelles, cette demande vise à renforcer la compétitivité de la filière française des fruits et légumes, lourdement pénalisée par un coût du travail saisonnier qui est quasiment le double de celui des pays limitrophes. En effet, les charges patronales font monter en France le prix du travail saisonnier aux environs de 11,50 euros l’heure - pour près de 6 euros l'heure en Allemagne.

Pourtant, comme l'a souligné le ministre, « il est hors de question qu'on aille vers du moins disant social, qu'on abaisse les règles du travail français et qu'on se livre à des pratiques qui ne seraient, d'un strict point de vue moral, pas acceptables en France. »

La situation de la filière des fruits est légumes pose en réalité une vraie question : celle de la juste rémunération des travailleurs agricoles. Confrontés à une chute des prix au départ des exploitations régulière, et à une hausse de leurs charges (due notamment aux intrants), la rémunération des producteurs ne leur permet plus d’en vivre. Le prix d’achat de l’abricot, de l’artichaut, de la carotte ou de la nectarine au producteur est ainsi jusqu’à 30 % inférieur à celui des prix moyens des cinq dernières années ; 40 % des exploitations fruitières ont disparu entre 1997 et 2007. Est-il juste que ceux qui nous nourrissent, et qui sont par définition à l’origine de la création de valeur des autres secteurs, ne puissent pas vivre décemment des fruits de leur travail?

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