Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Garantir la sécurité alimentaire du pays à tout prix :
objectif prioritaire de la Chine

11 Janvier 2016


La Chine renforce chaque année sa stratégie agricole de conquête de son autosuffisance alimentaire tant sur le plan intérieur qu’extérieur. En effet, importateur net de produits agricoles, Pékin a également développé une politique d’achats de terres perçue afin de contribuer à relever son défi alimentaire. Les importations chinoises de soja ont par exemple été multipliées par sept entre la fin des années 1990 et 2014. La Chine représentait en 2014, 75% des importations mondiales de soja contre 20% au début des années 2000.

Malgré cette dépendance extérieure, la Chine considère son secteur agricole comme éminemment stratégique. Les orientations de la politique agricole chinoise tournent ainsi autour de trois objectifs majeurs: développer le potentiel productif de son agriculture, améliorer la sécurité alimentaire de sa population et assurer un état d’équilibre entre les populations rurales et urbaines. Pour les atteindre, la Chine a mis en place de nombreux programmes de soutien axés sur deux thématiques principales qui concentrent 85 % des aides versées : l’accroissement du potentiel productif national et l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs.

C’est dans cette optique que Pékin a réitéré, lors d’une conférence fin décembre, son engagement pour la sécurité alimentaire du pays, « facteur décisif de la réforme structurelle de l'agriculture ». Le gouvernement a ainsi renouvelé son intention d’approvisionner la population en aliments de base, de protéger les terres agricoles et de maintenir la capacité de production en offrant des politiques préférentielles aux fermes céréalières à grande échelle. Enfin, la Chine compte également améliorer le mécanisme de formation des prix et les mesures d'achat du gouvernement pour les produits agricoles importants.

Cette politique volontariste de soutien à son agriculture est ainsi l’une pierres angulaires de la politique globale chinoise. Ainsi que le révèle l’indicateur SGPAA (Soutiens Globaux à la Production Agricole et Alimentaire) de Momagri, les soutiens budgétaires chinois à la filière nationale ont en effet crû de +118% (+724 milliards CNY) sur la période 2008 à 2014. Ainsi, faibles en 2001 au moment où la Chine entrait au sein de l’OMC, les soutiens internes en 2014 se chiffrent désormais à 1.333 milliards de yuans.

Pourtant, cette politique n’est pas du goût de tout le monde. Elle vaut à la Chine les remontrances des Etats-Unis, qui, au sein de l’OMC, dénoncent ces pratiques jugées distorsives. Pour l’USDA, le soutien à marche forcée de la Chine à son agriculture serait l’une des raisons pour lesquelles les exportations agricoles américaines vers la Chine auraient chuté de 13% pour l’année fiscale 2015 par rapport à la période précédente. Elles devraient encore baisser davantage en 2016. Mais, il faut cependant rappeler, que la valeur des exportations agricoles américaines vers la Chine sont passées de 1,7 milliard USD à 25,9 milliards USD de 2000 à 2015.


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Paris, le lundi 25 septembre 2017