A l’occasion du sommet du G8, les dirigeants des 8 pays les plus riches du monde ainsi qu’une série de représentants de pays en développement1 se sont engagés par une déclaration commune à mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans (14,4 milliards d’euros) pour garantir la sécurité alimentaire dans le monde. Les Etats-Unis devraient apporter 3,5 milliards de dollars à cette initiative, le Japon 3 à 4 milliards, tandis que le président français Nicolas Sarkozy a affirmé que la France contribuerait à hauteur d’1,5 milliard d’euros (environ 2 milliards de dollars). Ces fonds sont destinés à l’investissement dans les pays pauvres, afin d’accroître la production agricole, et soigner la faim dans le monde à la racine. Comme l’a souligné le directeur général de la FAO Jacques Diouf, cette engagement « marque un heureux et encourageant changement de politique en faveur du soutien aux pauvres et aux affamés afin qu’ils puissent produire eux-mêmes leur nourriture. » L’initiative du G8 confirme qu’aujourd’hui, la sécurité alimentaire émerge enfin comme un réel sujet de préoccupation politique. Néanmoins, n’oublions pas que la sécurité alimentaire dépend étroitement de la stabilité des marchés agricoles internationaux, et non pas uniquement des quantités produites. C’est pourquoi, afin de favoriser l’accès de tous aux denrées alimentaires, il convient d’accompagner les mesures d’aide à l’investissement de politiques de régulation adaptées aux réalités des marchés agricoles, seules à même de limiter l’hyper-volatilité des prix qui les caractérise. 1 Pour la dernière journée du Sommet, consacrée aux questions de l’aide aux pays pauvres et à la lutte contre la faim dans le monde, les dirigeants du G8 avaient invité des représentants de l’Algérie, de l’Angola, de l’Egypte, de l’Ethiopie, de la Libye, du Nigéria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et une délégation de l’Union africaine. |