Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Feux de projecteurs sur le trading à haute fréquence

9 Novembre 2015


Le trading algorithmique pèse de plus en plus sur la stabilité des marchés. Pourtant, la prise de conscience d’un nécessaire tour de vis éthique et réglementaire est de plus en plus prégnant, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

Ainsi, pour la première fois comparaissaient le 27 octobre deux traders devant la Justice Fédérale accusés de « transactions à haute fréquence » (High Frequency Trading), pratique qui consiste à acheter et vendre des options de façon très rapide par l’intermédiaire d’algorithmes informatiques. L’affaire remonte à octobre 2011 et concerne la Bourse de Chicago, soit le marché des denrées agricoles. Un ordre de bourse massif avait alors été émis et quasi-simultanément annulé, semant la panique.

En France, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a accusé début novembre l’une des principales firmes de trading haute fréquence, Virtu, d’avoir manipulé des valeurs du CAC 40 dont elle requiert 5 millions d'euros de même que 4 millions d’euros d’Euronext Paris pour complicité de manquement.

Les activités de ces puissants opérateurs des marchés virtuels sont l’illustration parfaite de la déconnexion croissante entre la sphère réelle et la sphère financière. Elles s’avèrent d’autant plus dommageables qu’elles peuvent se propager aux matières premières agricoles, impliquant directement la sécurité alimentaire de milliards d’individus. Ainsi, 75% à 85% des transactions réalisées sur le blé ne passent pas par le marché de Chicago, mais se réalisent sur des marchés de gré à gré. Le nombre de contrats « futures » agricoles échangés quotidiennement sur le Chicago Board of Trade (CBoT) a ainsi plus que triplé depuis 2000.

Le rôle des régulateurs européens et américains est alors primordial en vue d’accompagner la finance vers une reconnexion avec l’économie réelle. Un objectif que Jacques Attali a d’ailleurs appelé à poursuivre dans un récent rapport remis au président François Hollande. La régulation du trading à haute fréquence, rappelle-t-il, est primordiale pour instaurer à nouveau la confiance dans les marchés, plus d’équité entre opérateurs, et une réduction de l’écart technologique entre tous les acteurs du secteur financier. l’un des nombreux défis concerne notamment la reconnexion avec la réalité des marchés agricoles.

Ainsi, face à l’instabilité et à l’incertitude du contexte actuel, l’importance de modéliser les nouvelles réalités des marchés qui sont désormais celles des marchés agricoles n’en est que plus urgente. Et en premier lieu la spéculation grandissante dont ils font l’objet, notamment sur les marchés de gré à gré, et son impact sur la volatilité des prix.

Ainsi, le modèle du think tank momagri cherche à répondre à des questions essentielles afin de mieux appréhender ces réalités : Pourquoi les prix et les revenus agricoles sont-ils aussi instables et volatils ? Ou encore quel serait l'impact d'une libéralisation des échanges sur les prix et les revenus agricoles?


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Paris, le samedi 23 septembre 2017