Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Faire de l’agriculture une priorité est essentiel pour que l’initiative
«Belt and Road» réussisse à promouvoir un développement durable



Communiqué de presse de la FAO

15 Mai 2017

Le salut en matière de développement, de sécurité alimentaire et de gouvernance mondiale viendra-t-il de la Chine ? C’est en tout cas ce que laisse à penser l’ensemble de partenariats conclus par la Chine depuis 2013 et le lancement de l’initiative « Belt and Road » qui vise à structurer les relations diplomatiques, scientifiques et commerciales de la Chine avec l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Un point d’étape de cette initiative basée sur la symbolique de la « route de la Soie » a été organisé à Pékin les 14 et 15 mai dernier lors du Forum Belt and Road pour la coopération internationale.

Dans un communiqué de presse que nous reproduisons ci-après
1, la FAO salue l’initiative « Belt and Road », comme le potentiel nouveau modèle de développement et de coopération internationale, notamment pour la place centrale donnée à l’agriculture et aux échanges agricoles. Le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva a ainsi rappelé que «l'agriculture est un secteur essentiel. Il représente plus de 25 pour cent du PIB et plus de 40 pour cent du taux d'emploi dans de nombreux pays concernés par cette initiative», avant de souligner qu’elle « n'était pas seulement importante en vue de générer et de promouvoir des moyens d'existence durables, mais qu'elle était également essentielle afin de garantir une sécurité alimentaire et nutritionnelle, de préserver les ressources naturelles et la biodiversité et de parvenir à une civilisation écologique».

Par l’intermédiaire de cette initiative, la Chine se positionne encore plus clairement comme le pays pivot de la coopération Sud-Sud. Plus encore, comme le précise une déclaration officielle des ministères chinois de l’agriculture, du développement, du commerce et des affaires étrangères, la Chine veut prendre toute sa place dans la conduite des affaires du monde : «Attachée à endosser plus de responsabilités et d’obligations dans la mesure de ses capacités, la Chine est prête à mettre à contribution sa sagesse pour la gouvernance mondiale de l’alimentation et de l’agriculture, et à partager les expériences avec les pays de la ‘Belt and Road’ de manière à contribuer davantage à la croissance agricole et économique du monde »
2.

Ainsi que le soulève un récent rapport de l’IFRI, l’initiative « Belt and Road » est devenue « un outil au service de la promotion des ambitions chinoises en matière de gouvernance mondiale »
3 et un moyen de « mettre en place une sphère d’influence en Asie et au-delà dans le but de contrecarrer la domination américaine »4. A l’heure où l’échec de l’OMC à organiser la gouvernance mondiale au service de la sécurité alimentaire et de la coopération entre des politiques agricoles stabilisatrices n’est plus à démontrer, on ne peut voir dans ce soft power que la volonté pour l’Empire du Milieu d’être un acteur incontournable dans la redéfinition d’un nouvel ordre mondial agricole et alimentaire en germe. D’ailleurs, le rapprochement avec la FAO traduit surement la volonté d’inscrire cette démarche dans le cadre des institutions onusiennes.


La rédaction de Momagri




Selon M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, «l'Initiative "Belt and Road" et la région Eurasie peuvent contribuer à réaliser les Objectifs de développement durable, à condition qu'elles répondent aux besoins de millions d'agriculteurs et de pêcheurs dans les pays concernés».

«L'agriculture est un secteur essentiel. Il représente plus de 25 pour cent du PIB et plus de 40 pour cent du taux d'emploi dans de nombreux pays concernés par cette initiative», a-t-il déclaré dimanche.

M. José Graziano da Silva s'exprimait à l'occasion du Forum Belt and Road pour la coopération internationale qui se tenait à Beijing. «L'événement donne un nouveau souffle aux efforts internationaux et concertés visant à promouvoir un développement plus équilibré, équitable et inclusif dans le cadre de l'initiative Belt and Road», a-t-il ajouté.

Des dirigeants issus d'au moins 29 pays participaient au Forum (14 et 15 mai) qui, dans le cadre de l'initiative «One Belt, One Road», avait pour principal objectif de réfléchir à la meilleure manière de favoriser le développement et les liens commerciaux entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, comme l'a évoqué le Président chinois Xi Jinping lors de son discours.

Le Directeur général de la FAO a souligné le fait que l'agriculture n'était pas seulement importante en vue de générer et de promouvoir des moyens d'existence durables, mais qu'elle était également essentielle afin de garantir une sécurité alimentaire et nutritionnelle, de préserver les ressources naturelles et la biodiversité et de parvenir à une civilisation écologique».

La FAO a été la première organisation internationale à développer un cadre stratégique spécifique, destiné à renforcer la coordination politique et à mettre en œuvre l'Initiative "Belt and Road" à travers le secteur agricole.

Le cadre de travail vise à promouvoir quatre principaux programmes: i) une approche unique en matière de santé pour l'agriculture durable et le commerce; ii) une production alimentaire durable et le développement d'une chaîne de valeur; iii) la science et la technologie au service de l'innovation agroalimentaire et de la lutte contre le changement climatique; et iv) une agriculture intelligente et l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'industrie alimentaire.


La Chine - un rôle de premier plan dans la Coopération Sud-Sud

Selon M. José Graziano da Silva, l'Initiative "Belt and Road" offre une «opportunité inestimable» pour chaque pays de s'impliquer dans la Coopération Sud-Sud, un modèle de développement promu par la FAO qui s'est révélé particulièrement efficace pour créer des emplois, construire des infrastructures et promouvoir le commerce entre les pays en développement, et ce, à travers «l'ensemble de la région Sud».

«Je profite de cette opportunité pour remercier le gouvernement chinois qui a joué un rôle majeur en matière de soutien du programme de Coopération Sud-Sud de la FAO. Plus de 30 pays ont bénéficié du programme qui a également eu des répercussions significatives dans les pays en développement», a précisé M. José Graziano da Silva.

Le discours inaugural du président chinois est revenu sur le fait que la Chine octroiera un milliard de dollars supplémentaire aux organisations internationales afin de les aider à mettre en œuvre une série de projets qui doivent profiter aux pays situés le long de la route Belt and Road. Cela permettra notamment d'associer l'aide internationale aux pays en développement, déjà en cours, aux conseils politiques et aux investissements commerciaux à long-terme, ce qui est particulièrement pertinent pour les zones rurales défavorisées des pays en développement.

1 Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse en suivant ce lien
http://www.fao.org/news/story/fr/item/885916/icode/

2 http://english.agri.gov.cn/news/dqnf/201705/t20170512_247847.htm
3 Three years of China’s new silk roads: from words to (re)action?, Alice EKMAN, Françoise NICOLAS, John SEAMAN, Gabrielle DESARNAUD, Tatiana KASTOUEVA-JEAN, Serif Onur BAHCECIK, Clélie NALLET, IFRI, February 2017
4 Ibidem


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Paris, le jeudi 23 novembre 2017