Selon la Banque centrale de Russie, l’inflation russe a atteint 14,3 % sur les 12 derniers mois. Les causes de cette hausse des prix résident notamment dans la flambée des cours des matières premières agricoles. Cette inflation est d’autant plus préoccupante que la Russie est importatrice net de produits alimentaires. Une situation à laquelle les autorités russes souhaitent remédier en favorisant une augmentation de la production agricole. Dès lors, le Président russe, Dmitri Medvedev, et son Premier ministre, Vladimir Poutine, ont annoncé une série de mesures dans le secteur agricole « pour assurer la stabilité sur le marché alimentaire national » selon l’ancien chef du Kremlin. Pour cela, le gouvernement prévoit trois mesures principales : augmenter la production, notamment céréalière, par une extension des surfaces et une augmentation des rendements, stabiliser les prix à travers la distribution de subventions, et améliorer la gestion des risques dans le secteur agricole. L’ensemble des investissements promis par le gouvernement dans l’agriculture russe, qui s’élèverait à plus de 42 milliards de dollars, témoigne de sa priorité stratégique. C’est ce que souligne Vladimir Poutine, en souhaitant que soit analysé « l’impact socio-économique des accords économiques extérieurs signés par la Fédération de Russie ». Des propos qui, selon le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeev, visaient les « accords internationaux ayant notamment trait à l'adhésion projetée de la Russie à l'OMC, pour voir comment sont lésés les intérêts des producteurs agricoles russes ». Mais au-delà de l’objectif d’assurer la sécurité alimentaire du pays, les autorités russes ambitionnent de peser d’avantage sur les marchés agricoles internationaux. En janvier dernier, Dmitri Medvedev, alors premier vice-Premier ministre russe, déclarait que la Russie avait « toutes les chances de devenir une grande puissance agricole, et de récupérer le statut que nous avons perdu au XXème siècle », ajoutant que le potentiel dont bénéficient les russes dans ce domaine est immense, et qu’ « il serait criminel de ne pas en profiter ».
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