Dans une déclaration enregistrée, le Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation1, Olivier de Schutter, regrette que la déclaration du Sommet mondial de l’alimentation du 16-18 novembre appelle à l’achèvement rapide du cycle de Doha. Car, comme il le souligne, rien n’est moins sûr que la libéralisation non régulée des échanges sur les marchés agricoles internationaux favorise davantage de sécurité alimentaire. A cet égard, il enjoint la communauté internationale de « faire un état des lieux, [qui] mesure l’impact sur la sécurité alimentaire de la libéralisation du commerce international en matière agricole, et que chaque pays s’interroge sur la question de savoir à qui cette libéralisation va bénéficier mais aussi qui pourrait en être victime ». Car, comme il le rappelle avec lucidité, « l’accélération des échanges (…) ne va pas réduire l’insécurité alimentaire si cette libéralisation ne bénéficie pas aux plus pauvres » – ceux-là mêmes qui sont les plus vulnérables à la faim dans le monde. C’est un impératif auquel momagri appelle depuis longtemps : afin de lutter contre le protectionnisme, la communauté internationale s’engage régulièrement à conclure le cycle de Doha, sans en avoir mesuré toutes les conséquences. Or, il est nécessaire d’évaluer les risques. Ce ne sont pas les 5% d’agriculteurs des pays développés – qui sont compétitifs – qu’il faut favoriser, mais les agriculteurs dans les pays en développement, qui, quoiqu’ils représentent 60 à 80 pour cent de la population, ne parviennent pas à subvenir aux besoins alimentaires du pays. Or, il y a tout lieu de croire que le cycle de Doha bénéficiera avant tout aux structures compétitives, déjà largement insérées sur les marchés mondiaux… 1 http://www.srfood.org/index.php/fr/component/content/article/1-latest-news/401-statement-in-advance-of-the-world-summit-on-food-security-statement-and-video |