L’excellent esprit de collaboration qui semble avoir caractérisé la rencontre au sommet des ministres des Finances du G20, ce week-end à Londres, ne doit pas masquer les dissensions. A l’approche du G20 du 2 avril, les premiers désaccords sur la conduite à tenir face à la crise apparaissent en effet. Deux axes d’intervention publique semblent se dessiner : les partisans de la régulation, dont les Européens (Paris et Berlin notamment) sont les chantres, et les défenseurs d’une relance massive essentiellement centrée sur la demande, qui sont représentés par les Etats-Unis et le Japon notamment. Si ces derniers ne sont pas opposés à l’instauration de nouvelles règles financières réclamées par les Européens, ils estiment cependant que cela ne doit pas être la priorité du G20. Comme l’a déclaré le ministre des Finances japonais, Kaoro Yosano1, « nous sommes tous d’accord sur la nécessité d’une meilleure régulation du secteur financier, mais ces actions sont-elles nécessaires en période de crise ? Ce que nous voulons à ce stade, a-t-il ajouté, c’est sauver la vie de l’économie mondiale, et non discuter de l’état de sa barbe ! ». La déclaration du ministre des Finances japonais reflète bien l’état d’esprit d’un certain nombre d’acteurs, qui se focalisent sur des réponses d’urgence sans réfléchir à plus long terme. Or, si les plans de relance sont essentiels pour rétablir la consommation et la confiance, ils ne suffiront pas à corriger les défaillances de marché qui ont conduit à la crise actuelle. C’est pourquoi il est essentiel de mettre en place une véritable régulation mondiale, au risque de voir les crises se répéter indéfiniment. 1 Cité par Le Figaro, « Londres accueille un G20 divisé sur la relance », 13/03/2009 |