« Le cycle de Doha est dans l’impasse. Les négociations de Doha sont un échec. » C’est le constat dressé par Nicolas Sarkozy le 20 janvier dernier, lors d’un discours devant le Corps diplomatique étranger.
Malgré les efforts persistants de Pascal Lamy, le Directeur général de l’OMC, les négociations lancées en 2001 piétinent depuis des années, comme nous le soulignons déjà depuis 20051.
Les raisons d’un tel échec sont multiples - cycle trop ambitieux, modalités de négociation trop complexes, références datées, … - mais surtout, les responsables politiques des pays développés et en développement ont progressivement pris conscience des dangers liés à une libéralisation non régulée des échanges, notamment agricoles, et à l’abandon progressif des politiques de soutien à l’agriculture.
Le cycle de Doha est désormais bien éloigné de son appellation originelle du « cycle du développement ». Aussi, face au peu d’intérêt qu’il suscite aujourd’hui et à son obsolescence face à des réalités économiques et agricoles inédites, peut-être serait-il temps d’acter la « mort clinique » du cycle de Doha et d’initier un nouveau round de négociations prenant en compte les multiples risques auxquels sont exposés les marchés agricoles et qui affectent directement le commercial international ?
Loin d’impliquer la remise en cause de l’OMC, une telle prise de décision permettrait, au contraire, de repenser ses fondements sur de nouvelles bases, intégrant les réalités de l’agriculture. Encourager le développement des flux commerciaux ne doit pas se faire aux dépends du développement et de la sécurité alimentaire des pays.
1 Cf. articles momagri « Forum public de l’OMC : « Doha a dépassé sa date limite de vente », http://momagri.fr/FR/editos/Forum-public-de-l-OMC-Doha-a-depasse-sa-date-limite-de-vente-_985.html, et “Doha définitivement dans l’impasse”, http://momagri.fr/FR/regards-sur-l-actualite/Doha-definitivement-dans-l-impasse_981.html
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