Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Doha : toujours autant d’incertitudes derrière l’optimisme affiché

10 septembre 2007


Après un mois de pause estivale, Crawford Falconer, le président du comité des négociations agricoles à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), a ouvert, lundi 3 septembre, une session de trois semaines de négociations sur l’agriculture. Celles-ci se dérouleront à Genève, au siège de l’institution multilatérale, et impliqueront une trentaine de délégations. Crawford Falconer prévoit de convoquer l’ensemble des membres le 14 septembre et de diffuser éventuellement un nouveau projet de modalités à la mi-octobre. Les négociateurs tenteront de rapprocher leurs positions sur l’ouverture des marchés et la réduction des subventions agricoles, deux dossiers qui focalisent leur attention depuis le début du cycle de Doha, en novembre 2001. Ils représentent, avec l’accès aux marchés industriels des pays en développement, la « clé » de ce round de négociations commerciales. La publication, à la mi-juillet, de projets de modalités sur l’agriculture et les produits industriels n’avait pas permis d’établir les bases d’un accord, les membres de l’OMC considérant que les propositions émises n’étaient pas suffisamment équilibrées. En particulier, les grands pays en développement, comme le Brésil ou l’Inde, avaient jugé inacceptables les propositions d’ouverture de leurs marchés industriels au vu des contreparties sur le volet agricole, et principalement en ce qui concerne la réduction des subventions agricoles américaines.

Crawford Falconer devra également apporter une attention particulière aux revendications des « petits » pays en développement qui attendent davantage sur des sujets comme les produits spéciaux, le mécanisme de sauvegarde spécial ou le coton. Le Cotton 4, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad, les quatre plus grands pays africains producteurs de coton et porteurs de « l’initiative sectorielle sur le coton », s’est ainsi réuni le 6 septembre à Ouagadougou, au Burkina Faso, « pour discuter et arrêter une stratégie de négociation » dans l’optique d’obtenir pleine satisfaction sur un dossier en cours depuis mai 2003.

A l’issue de la réunion du 3 septembre, Crawford Falconer s’est félicité de l’ambiance de travail : « Ils sont tous venus dans l'esprit de se retrousser les manches et de se mettre au travail » a t-il déclaré. Les participants se sont attachés à formuler des déclarations encourageantes, le Brésil se disant par exemple prêt « à faire des concessions ».

Réunis les 8 et 9 septembre à Sydney pour le forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), les membres de l’APEC1, qui représentent près de la moitié du commerce mondial, se sont engagés « à la volonté, la flexibilité et l'ambition politiques nécessaires pour assurer que les négociations de Doha entrent dans leur phase finale cette année », faisant écho au « sursaut politique » appelé par Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC.

Le cycle de Doha entre donc de nouveau dans une période décisive dont l’issue reste incertaine. Dans une interview donnée le 4 septembre à la BBC, à Londres, Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, insiste sur le rôle des Etats-Unis dans la dynamique du Doha Round : « je crois que les Etats-Unis détiennent la clé pour le débloquer » estime-t-il. Pourtant des observateurs soulignent que la situation politique aux Etats-Unis est peu favorable à l’obtention prochaine d’un accord : l’administration Bush est isolée et le nouveau projet de loi quinquennal sur l’agriculture (Farm Bill) est particulièrement ambitieux. Dans une déclaration faite à la presse peu avant la reprise des négociations à l’OMC, Christine Lagarde, la ministre française de l’Economie et des Finances, a exprimé un avis partagé par certains analystes : « Je crois que l'écart entre la position des uns et les concessions des autres est trop grand pour qu'on puisse envisager un rapprochement dans un avenir très proche ».

Source : d'après Afdi, articles et dépêches de la presse nationale et internationale.


1 Membres de l’APEC : Australie, sultanat de Brunei, Canada, Chili, Chine, Etats-Unis, Hong Kong, Indonésie, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle Guinée, Pérou, Philippines, Russie, Singapour, Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande, Vietnam.
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Pour une régulation
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Paris, le mardi 22 mai 2012