Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Doha : les négociations sur l’agriculture n’aboutiront pas avant 2008

19 novembre 2007



Le souhait du directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, de voir les négociations sur l’agriculture bouclées pour la fin de l’année est d’ores et déjà vain. Les délégués des 151 pays membres de l’OMC qui tentent actuellement de réviser le compromis présenté en juillet dernier ont maintenant « besoin de plus de temps » a assuré à l’AFP une source diplomatique.

Si les discussions ont repris et en dépit d’avancées sur les subventions à l’exportation, la publication du texte de compromis sur l’agriculture est repoussée au plus tôt à février 2008. Difficile de croire qu’une entente puisse être trouvée rapidement tant les crispations concernant le volet agricole sont (toujours) vivaces. Pour preuve, le Brésil, associé au Canada, viennent de requérir la création d’un groupe spécial de règlement des différends, réitérant leurs plaintes (déposées respectivement en juillet et janvier 2007) à l’encontre des subventions agricoles américaines. Ainsi le ministre canadien de l’Agriculture, Gerry Ritz, a précisé « qu’en demandant la formation d’un groupe spécial, nous tentons d’uniformiser les règles du jeu pour les agriculteurs canadiens qui font face aux importantes subventions agricoles américaines faussant les échanges ». De leur côté, les Etats-Unis tentent de détourner l’attention vers d’autres dossiers critiques en rappelant les réticences du G20 (groupe hétérogène de pays en développement au sein de l’OMC mené par le Brésil et l’Inde) à ouvrir ses marchés aux produits industriels et services étrangers. D’ailleurs, conscient que l’issue prochaine des négociations sur le cycle de Doha ne passerait pas par le bouclage avant la fin de l’année du dossier agricole, Pascal Lamy veut désormais avancer en priorité sur la question de la libéralisation des services.

Il demeure cependant de bon ton de rester optimiste sur la suite des négociations. Ainsi, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn a déclaré qu’elles avaient de « bonnes chances » de réussir en 2008 tandis que président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick a appelé les pays membres de l'OMC à « ne pas laisser échapper » la possibilité d'un accord. « Il y a quelques excellents résultats sur la table, prêts à être saisis » a-t-il affirmé. Pascal Lamy, a, pour sa part, indiqué que bien qu’il n’attendait « pas de percée avant la fin de l'année », une conclusion du round de Doha en 2008 est « possible ».

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Paris, le mardi 22 mai 2012