Réunis à Rome le 14 février, les ministres des finances du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada) ont conjointement réaffirmé leur engagement à « agir ensemble en utilisant une palette complète d’outils de politique économique pour soutenir la croissance et l’emploi et renforcer le secteur financier », comme il est possible de le lire dans le communiqué final publié samedi. Toutefois, certains outils ont meilleure presse que d’autres – ainsi, la « conclusion rapide et ambitieuse » du cycle de Doha, comme le stipule ledit communiqué, recueille une nouvelle fois tous les suffrages. Un consensus qui ravit P. Lamy, qui n’avait pas épargné ses efforts pour convaincre le G7 sur la nécessité de conclure Doha pour enrayer la récession économique : selon lui, le commerce mondial sera le facteur clé de la croissance de 2009, en particulier dans les pays en développement qui, d’après les prévisions, seront les seuls à afficher une croissance positive. Toutefois, alors que les mesures protectionnistes se multiplient dans de nombreux pays du monde, les nombreux engagements verbaux en faveur de Doha font de plus en plus figure de caution morale pour les gouvernements, qui cachent souvent derrière ces déclarations d’intention des plans de relance pas toujours « OMC-compatibles ». Mais qui pourrait les en blâmer ? Lorsque l’on sait que l’OMC a dans sa ligne de mire la décision de l’Union européenne de réintroduire des mesures de soutien à l’exportation du secteur laitier, il est légitime de s’interroger sur la légitimité de Doha. La liberté du commerce, oui, mais pas à n’importe quel prix – et encore moins au détriment de la sécurité alimentaire… |