Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Disparition des quotas laitiers en Europe :
une adaptation difficile

15 Juin 2015


La journée mondiale du lait a eu lieu le 1er juin. Mais éleveurs et consommateurs européens ne s’y retrouvent pas depuis la disparition des quotas laitiers.

On observe, en effet, une difficulté grandissante à lutter contre la volatilité, aggravée par l’augmentation du cheptel laitier européen en prévision de la sortie des quotas et les conséquences de l’embargo russe. Résultat, il existe un important différentiel du prix payé aux producteurs entre Etats-membres.

Ainsi, parmi les sept grands pays européens producteurs de lait, les Pays-Bas ont largement tiré leur épingle du jeu. Ses producteurs ont été payés 332,5 €/t en avril dernier, contre 302 €/t pour les éleveurs français, soit un différentiel de 30 €/t. En France, les éleveurs ont subi en 6 mois une chute des prix de 25%, passant de 403€/ t à 302€/t. En Allemagne, les prix du lait ne couvrent plus les coûts de production.

La disparition des quotas a mis en exergue ceux qui en Europe parviennent le mieux à faire face à l’hypervolatilité intrinsèque de ce marché et ceux qui au contraire n’y parviennent pas. Surtout, cette adaptation, douloureuse dans bien des cas, se joue sans l’aide de la Commission européenne qui non seulement refuse d’évoquer une crise laitière mais propose des instruments a minima, bien loin de soulager les éleveurs et de stabiliser le marché.

Or, il apparaît de plus en plus évident que l’éleveur ne peut pas se prémunir des risques endogènes et des fluctuations des prix sur la seule base individuelle. Sans mécanisme d’intervention publique, il est à craindre que la volatilité structurelle des prix mène à une situation difficilement soutenable et à une concurrence effrénée qui pourrait emporter avec elle les éleveurs européens.

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Paris, le samedi 23 septembre 2017