Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Des taux directeurs proches de 0% aux Etats-Unis : quel impact pour les agriculteurs ?

12 Septembre 2011



Face à la crise de la dette que traversent les Etats-Unis, le président de la Banque centrale américaine Ben Bernanke a déclaré le mois dernier vouloir maintenir des taux directeurs quasi nuls jusqu’en 2013. Si la Fed ne s’était, jusqu’alors, jamais engagée sur une période de temps donnée à des niveaux aussi bas, l’ampleur de la crise et le niveau d’endettement des ménages américains appellent à des mesures particulièrement fortes.

Annoncée dans l’espoir de relancer la croissance, cette décision aura un impact direct sur la situation des agriculteurs aux Etats-Unis. En garantissant des taux directeurs plus bas, la Fed va permettre d’alléger la charge de la dette des agriculteurs américains et de favoriser et sécuriser certains investissements d’ici 2013.

Mais l’effet de cette mesure va plus loin car, comme nous l’avions souligné dans une note précédente1, les taux directeurs définis par la Banque centrale jouent un rôle clé dans la compétitivité internationale de la filière agricole américaine, notamment vis-à-vis de l’Union européenne. En 2009 par exemple, les taux directeurs réels de la Fed étaient un peu plus bas que ceux de la BCE, abaissant ainsi l’endettement des farmers américains par rapport à celui des agriculteurs européens : l’avantage compétitif des agriculteurs américains avait été estimé à 106 millions de dollars alors que l’écart entre les taux de la Fed et de la BCE était très faible.

Il est donc fort probable que ce soutien indirect ne s’accroisse fortement en 2011 et 2012 pour retrouver des niveaux similaires à celui de 2008, lorsque l’avantage compétitif de l’agriculture américaine par rapport à celle de l’Union européenne avait été estimé à près de 3 milliards de dollars.


1 Cf Note momagri du 13/12/2010 Impact des taux de change et de la politique monétaire sur la compétitivité de l’agriculture http://www.momagri.org/FR/agence-momagri/Impact-des-taux-de-change-et-de-la-politique-monetaire-sur-la-competitivite-de-l-agriculture-_810.html
Haut de page
Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012