Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Des stocks alimentaires d'urgence en Afrique de l'Ouest

10 Octobre 2011



L’insécurité alimentaire s’est fortement aggravée depuis la crise de 2008 : près d’un milliard de personnes souffrent de la faim et de nombreuses régions sont frappées à tour de rôle par des crises alimentaires graves, telle la Corne de l’Afrique depuis quelques mois.

Dans ces conditions, les ministres des Finances et de la Coopération des pays du G20, réunis à Washington le 23 septembre dernier, ont décidé d’accélérer la mise en œuvre des mesures prévues par le G20 agricole au mois de juin. Alors que la déclaration ministérielle du G20 prévoyait la réalisation d’une étude de faisabilité avant d’envisager la constitution de réserves alimentaires, le ministre de la Coopération Henri de Raincourt a annoncé la mise en place de stocks alimentaires d’urgence en Afrique de l’Ouest. Cette région doit ainsi expérimenter la constitution de réserves humanitaires représentant 90 jours d’alimentation.

S’il est indispensable de venir en aide aux régions touchées par les crises alimentaires grâce à des mesures d’urgence, il est nécessaire de prévenir la récurrence de telles crises, grâce à des actions structurelles telle la lutte contre l’hypervolatilité des prix agricoles. Cette dernière est, en effet, l’une des principales causes de l’insécurité alimentaire du fait de la conjonction de deux facteurs :

    - Elle touche directement les agriculteurs des PED qui occupent une place stratégique en tant que producteurs de denrées alimentaires.

    - Elle les condamne à l’insécurité alimentaire, voire à la famine, car plus d’un individu sur deux souffrant de la faim dans le monde est un agriculteur, proportion bien plus élevée dans les PED.
Il faut donc mettre en place au plus vite des mesures garantissant aux agriculteurs, par grande région, des prix suffisamment stables et rémunérateurs, pour qu’ils puissent investir et développer leur activité, améliorant ainsi à la fois leur sécurité alimentaire et celle de leur pays.
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012