Les récoltes de maïs ont été bonnes cette année dans le Nord et l’Ouest du Kenya. Ce qui ne profite pas vraiment aux producteurs, qui, du fait d’un mauvais accès au marché et de l’insuffisance des infrastructures de stockage, doivent vendre rapidement leur récolte et sont contraints à le faire à des prix très bas. D’après le journal kenyan Daily Nation, la plupart des agriculteurs du Nord et de l’Ouest du pays vendent leur sac de 90 kg de maïs pour 2000 shilling kenyans (moins de 15 euros), soit trois fois moins cher qu’il y a quelques mois.
Les producteurs concernés réclament à juste titre une politique de stockage public. Ils demandent que le gouvernement intervienne pour acheter leur maïs à des prix plus élevés, ce qui permettrait par ailleurs à l’Etat d’étoffer ses réserves stratégiques de céréales et de mener une lutte plus efficace contre l’insécurité alimentaire qui sévit dans d’autres régions du pays.
Le cas des producteurs de maïs du Nord et de l’Ouest du Kenya est emblématique de la situation de la majorité des agriculteurs des pays en développement. Confrontés à une insuffisance d’infrastructure, notamment de stockage, qui alimente une volatilité très forte des cours agricoles, ils sont de fait obligés de vendre leur récolte à des prix non rémunérateurs, ce qui menace leur sécurité alimentaire, compromet leur capacité d’investir afin de développer leur activité et met en danger la pérennité de leur exploitation.
Cette situation confirme qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures au niveau national, régional et international, visant, par des mécanismes de régulation appropriés, à stabiliser les prix des matières premières agricoles à des niveaux suffisamment élevés. C’est la condition primordiale à une amélioration durable de la sécurité alimentaire des pays en développement, dans lesquels la majorité de la population travaille dans le secteur agricole.
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